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Une manifestation contre la charte des valeurs prévue samedi à Montréal

12/09/2013 03:57 EDT | Actualisé 14/11/2013 05:12 EST
Getty

MONTRÉAL - Les organisateurs d'une manifestation multiculturelle espèrent rassembler des milliers de personnes samedi, afin de s'opposer au controversé projet de charte des valeurs québécoises du gouvernement péquiste.

Des représentants des communautés musulmane, sikhe, juive et autochtone, notamment, ont fait part de leur intention de se joindre à la marche. Des milliers de personnes ont également annoncé leur participation sur une page Facebook consacrée à l'événement.

Le rassemblement est prévu pour midi à la Place Émilie-Gamelin, point de rendez-vous de nombreuses manifestations contre la hausse des frais de scolarité, au printemps de 2012. Il devrait se terminer à la Place du Canada, l'endroit même où une imposante manifestation en faveur du fédéralisme avait eu lieu quelques jours avant le référendum de 1995.

Le porte-parole du Collectif québécois contre l'islamophobie, Adil Charkaoui, décrit ce rassemblement comme la première étape d'une série d'actions contre le projet du gouvernement péquiste.

«Nous le faisons pour le Québec, parce que nous estimons que Mme Marois est en train de diviser les Québécois», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse jeudi. Les Québécois ne sont pas un peuple raciste ni islamophobe, a estimé M. Charkaoui, qui s'attend à ce que 20 000 personnes répondent à l'invitation.

M. Charkaoui a affirmé que les autres actions du collectif comprendraient du soutien pour toutes les femmes visées par la législation proposée, incluant une aide juridique devant les tribunaux.

«M. Drainville et Mme Marois veulent nous imposer une laïcité fermée, discriminatoire, intolérante envers les franges les plus vulnérables de la société. Et par frange vulnérable de la société, j'entends les nouveaux arrivants, les minorités ethniques et religieuses, et surtout les femmes», a souligné M. Charkaoui.

Le porte-parole a aussi affirmé que les musulmans allaient être encouragés à apprendre l'anglais et à devenir bilingues non pas pour quitter le Québec, mais pour pouvoir rester à Montréal et se battre pour défendre leurs droits.

Salam Elmenyawi, président du Conseil musulman de Montréal, prévient que si la charte des valeurs est approuvée par l'Assemblée nationale, des personnes seront persécutées et d'autres perdront leur emploi.

La porte-parole du Conseil musulman de Montréal, Ajar Jerroumi, abonde dans le même sens, prévenant que le Québec sortira perdant si la charte est adoptée. Elle dénonce les iniquités que le projet pourrait créer.

«On parle du souci du gouvernement québécois d'assurer cette égalité homme-femme, mais la charte, elle ne l'assure aucunement. Le fait d'interdire à une femme voilée d'exercer dans la fonction publique la prive justement d'acquérir cette autonomie financière qui est le principal principe de l'égalité», a déclaré Mme Jerroumi.

Melissa Mollen Dupuis, porte-parole du mouvement autochtone Idle No More Québec, dénonce également le projet de charte, qu'elle qualifie de «colonialiste».

«Idle No More tient à décrier l'ironie d'un texte qui prétend défendre des valeurs universelles, mais qui ne fait qu'imposer une vision dont les Premiers Peuples ont trop souvent eu à pâtir», a-t-elle affirmé, rappelant que le gouvernement du Québec avait l'obligation de consulter les Premières Nations sur tout sujet qui les touche.

«Cette charte ne reflète pas les valeurs d'inclusion des peuples autochtones», a ajouté la porte-parole. «Nous encourageons le gouvernement et les habitants du Québec à rejeter cette charte.»

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