POLITIQUE

Marois demande à Ottawa de s'occuper des dossiers des autochtones du Nord

13/09/2013 08:46 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST
AP
Pauline Marois, Premier of Quebec, at the Foriegn Policy Association luncheon where she delivered a keynote address on Thursday, Dec. 13, 2012, in New York. (AP Photo/Bebeto Matthews)

KUUJJUAQ, Qc - Le gouvernement fédéral ne devrait pas rester «insensible» à la situation des autochtones du Nord du Québec et il devrait assumer ses responsabilités dans ce dossier, estime la première ministre du Québec, Pauline Marois.

C'est un des constats qu'a dressés la chef péquiste, vendredi matin, à Kuujjuaq, au Nunavik, en marge d'annonces économiques en matière de développement social et de télécommunications.

En point de presse, Mme Marois a rappelé que par le passé, Ottawa s'était déjà impliqué dans divers dossiers concernant la qualité de vie des autochtones, et que le gouvernement fédéral devrait recommencer.

«À mon point de vue, il (le gouvernement fédéral) n'en fait pas assez, a dit Mme Marois. Ottawa ne peut pas rester insensible aux besoins de ces communautés. Il me semble qu'ils ont une responsabilité.»

La chef péquiste a ainsi mandaté son ministre délégué aux Affaires intergouvernementales et responsable de la région du Nord du Québec, Alexandre Cloutier, dans l'espoir de s'entendre sur un montage financier à parts égales en ce qui a trait aux dossiers autochtones.

La construction de logements, qui manquent beaucoup au Nunavik, devrait être au coeur des discussions. Le taux de vacance du logement est nul dans ce territoire et les maisons sont souvent surpeuplées, avec plus de 10 personnes par unité.

Saupoudrage financier

Afin de démontrer que son gouvernement était différent d'Ottawa, Mme Marois a parcouru diverses régions pour procéder à une série d'annonces et d'appuis financiers de quelque 13 millions $.

Elle a notamment annoncé la création du Fonds de développement des coopératives, qui sera de 15 millions $, grâce à un prêt sans garantie de 5 millions $ du gouvernement Marois.

Le reste du montant proviendra des administrations locales, dont l'Administration régionale Kativik et la Société Makivik.

Ce fonds devrait permettre aux quelque 300 employés de la coopérative Kativik d'avoir notamment accès à des liquidités pour acheter des marchandises en quantités significatives.

Des responsables de l'Administration régionale Kativik et la Société Makivik ont également indiqué que cette aide financière devrait leur permettre d'éviter de rembourser des intérêts puisqu'elles n'auront pas d'importants montants à emprunter dans un avenir rapproché.

Jeudi, Mme Marois avait remis 5 millions $ aux autorités locales pour atténuer les impacts du coût élevé de la vie dans le Nord du Québec.

«Vous savez, il y a des écarts de 20, 25, 35 pour cent en ce qui a trait aux biens vendus ici, a souligné Mme Marois. Dans certains cas, ça peut aller jusqu'à 100 pour cent.»

Après avoir visité le parc national Kurrurjuaq, la première ministre l'a inauguré en annonçant une aide financière de 1,1 million $ par année pour gonfler le budget d'exploitation du parc.

Le gouvernement Marois ajoutera également un plus de 1 million $ étalé sur trois ans afin de bonifier l'offre touristique de ces quelque 4460 kilomètres carrés protégés.

Les quais maritimes reliant les différentes communautés autochtones du Nord du Québec seront également améliorés grâce à un montant de 1 million $ réparti sur trois années.

Québec a également l'intention de faire sa part afin d'assurer un service Internet adéquat dans le secteur, a indiqué Mme Marois.

Cette dernière a mandaté le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, d'étudier les propositions de la MRC de l'Administration régionale Kativik afin d'identifier le meilleur moyen d'améliorer la situation.

Tout indique que l'Internet fibre optique sera l'option retenue par le gouvernement Marois.

Mme Marois était accompagnée du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, de son collègue aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, et du député d'Ungava, Luc Ferland, tout au long de sa visite au Nunavik.

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