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Institut pour déficients : l'Ontario a-t-il fermé les yeux?

13/09/2013 02:48 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

Une première audience aura lieu lundi à Toronto dans le cadre du recours collectif de 2 milliards de dollars intenté contre la province par les résidents d'un ancien centre pour handicapés mentaux à Orillia.

Les plaignants disent avoir été mal nourris, battus et logés dans des conditions insalubres alors qu'ils étaient internés entre les années 1950 et 2000 au Centre Huronia, une institution d'apprentissage pour jeunes déficients intellectuels.

La poursuite allègue par ailleurs que le gouvernement provincial de l'époque était au courant des mauvais traitements en question, mais n'est pas intervenu.

La demande de recours collectif avait été approuvée en 2011. Les plaignants doivent maintenant prouver en cour ces allégations. Une quarantaine d'anciens pensionnaires doivent assister à la première audience lundi.

Battue et mal nourrie

L'une des plaignantes, Patricia Seth, avait 7 ans lorsque sa mère l'a fait interner en 1966 au Centre Huronia, en raison de difficultés d'apprentissage.

Elle dit avoir vécu les 13 années suivantes, jusqu'à sa majorité, dans la peur, la solitude et la colère. Elle décrit l'établissement comme une « prison ».

Elle affirme se battre en cour au nom des milliers d'autres ex-pensionnaires qui ont subi le même sort.

L'avocat du recours collectif Jody Brown ajoute que la province a fermé les yeux, alors que les autorités savaient à l'époque que les lieux étaient surpeuplés et mal gérés.

La poursuite cite entre autres une soumission au Cabinet en 1975 :
« Le ratio actuel d'employé par pensionnaire correspond seulement aux deux tiers de ce qui est exigé selon les normes recommandées. Le résultat : la programmation est inadéquate pour répondre aux besoins des résidents ».

Le recours collectif :

Les allégations by Radio-Canada

Le gouvernement se défend

Pour sa part, la province admet dans des documents déposés en cour qu'il y a eu « des problèmes et des défis dans l'exploitation et la gestion » du Centre Huronia. 

Le gouvernement concède même que « certains résidents ont été maltraités » par une « poignée d'employés parmi les milliers qui ont travaillé [à l'établissement] au fil des années ».

Mais selon la province, il s'agit de cas « isolés » et non pas de « négligence systémique », contrairement à ce qu'allèguent les plaignants.

L'Ontario se dit tout de même prêt à compenser « certains individus », si la preuve de mauvais traitements à leur endroit est faite.

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