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Discussions « constructives » sur la Syrie, dit Kerry

13/09/2013 07:24 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST

Les chefs de la diplomatie américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, ont convenu vendredi de se retrouver à nouveau le 28 septembre à New York pour poursuivre les discussions de paix sur la Syrie, au terme de leur rencontre de deux jours, à Genève.

Les deux hommes ont discuté du plan proposé par Moscou pour placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international. Les discussions se poursuivent jusqu'à ce soir, en présence notamment d'experts russes et américains en armes chimiques.

Le secrétaire d'État américain a qualifié les entretiens de « constructifs ». Sergueï Lavrov a de son côté rendu hommage à son collègue américain pour avoir, selon lui, pris conscience de la nécessité de faire progresser la voie diplomatique dans le conflit syrien.

Bien que des désaccords persistent, les deux hommes s'entendent pour dire qu'une solution pacifique est préférable à une solution militaire.

« Beaucoup dépendra de la capacité de réussir ici dans les prochaines heures ou les prochains jours sur le dossier des armes chimiques », a dit John Kerry vendredi en conférence de presse. Il a toutefois prévenu jeudi que les États-Unis n'avaient toujours pas exclu de recourir à la force en cas d'échec de la voie diplomatique.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, qui s'était joint aux discussions vendredi matin, a de son côté estimé que le démantèlement de l'arsenal chimique syrien était très important dans l'optique de la tenue de la rencontre appelée « Genève 2 », sur la paix en Syrie. La rencontre du 28 septembre doit justement servir à fixer la date de Genève 2.

Le régime de Bachar Al-Assad a accepté mardi une proposition de Moscou, son allié le plus puissant, de placer ses armes chimiques sous contrôle international afin d'éviter des frappes militaires américaines et françaises.

Selon le représentant de la Syrie aux Nations unies, Damas est désormais signataire de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), ce que n'ont pas pu confirmer plusieurs diplomates interrogés à l'ONU.

La Russie, la Chine et l'Iran ont salué vendredi la décision de la Syrie d'adhérer à la CIAC.

Les puissances occidentales accusent le régime syrien d'avoir mené des attaques à l'arme chimique dans la banlieue de Damas le 21 août, tuant des centaines de civils. Washington et Paris envisageaient le recours à la force contre le régime Al-Assad à la suite de ces événements, mais la proposition russe a changé la donne cette semaine, relançant un processus diplomatique avec les alliés de la Syrie, pour tenter d'en arriver à une solution pacifique.

Démantèlement de l'arsenal chimique syrien

Si les pourparlers s'avèrent un succès, les États-Unis espèrent que le processus de désarmement soit avalisé par une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU.

Toutefois, la Russie insiste pour qu'une menace de frappes militaires soit retirée d'une éventuelle résolution du Conseil de sécurité concernant les armes chimiques syriennes.

Dans une entrevue à la télévision russe diffusée jeudi, Bachar Al-Assad a déclaré que la Syrie fournirait dans les trente jours un inventaire de ses armes chimiques, conformément
à la pratique en usage pour la CIAC.

Il a toutefois posé ses conditions, affirmant que les procédures ne seraient pas menées au bout si les États-Unis continuaient de menacer son pays de frappes militaires.

Attaques contre des hôpitaux en Syrie, selon l'ONU

Par ailleurs, les forces gouvernementales syriennes ont délibérément bombardé des hôpitaux pour empêcher blessés et malades d'avoir accès aux soins, rapportent vendredi les Nations unies dans un rapport.

Bachar Al-Assad et son aviation font « de l'interdiction de l'accès aux soins une arme de guerre », particulièrement dans les zones contrôlées par l'opposition, ajoutent les enquêteurs de l'ONU.

« Il est également prouvé que des groupes armés antigouvernementaux ont attaqué des hôpitaux dans certains endroits », souligne la commission d'enquête onusienne dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro.

Pendant ce temps, les opposants syriens sur le terrain ont signalé une nouvelle offensive des forces gouvernementales contre les faubourgs de Damas sous contrôle rebelle.

L'aviation et l'artillerie bombardent notamment le quartier de Barzeh, où se déroulent des combats au sol.

Le soulèvement en Syrie, qui s'est transformé en guerre civile, a fait plus de 110 000 morts depuis mars 2011.

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