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Des musulmans s'inquiètent de la venue à Toronto de deux blogueurs conservateurs américains

13/09/2013 02:47 EDT | Actualisé 13/11/2013 05:12 EST
AP
An Afghan refugee reads verses of the Quran during the Muslim holy fasting month of Ramadan, in a mosque on the outskirts of Islamabad, Pakistan, Wednesday, Aug. 8, 2012. Muslims throughout the world are marking the month of Ramadan, the holiest month in Islamic calendar. (AP Photo/Muhammed Muheisen)

TORONTO - Une organisation musulmane a demandé au gouvernement fédéral vendredi d'expliquer les critères sur lesquels il se basait pour décider de laisser entrer ou non au pays des conférenciers étrangers controversés en prévision de l'arrivée en sol canadien de deux blogueurs conservateurs américains.

Le directeur général du Conseil national des musulmans canadiens, Ihsaan Gardee, s'inquiète de voir Pamela Geller et Robert Spencer tenir des propos haineux et inexacts au sujet de l'islam lorsqu'ils prendront la parole dans la région de Toronto mardi soir prochain.

Le Conseil a tenté en vain de convaincre la direction de l'hôtel où doit avoir lieu la conférence d'annuler l'événement, qui est organisé par la Ligue de défense juive du Canada et qui porte sur «les dangers de l'extrémisme musulman et de la complaisance occidentale».

Même si M. Gardee est en désaccord avec le message de ces blogueurs conservateurs, qui ont notamment créé un groupe visant à «freiner l'islamisation de l'Amérique», il affirme que son organisation ne cherche pas à les empêcher de venir en sol canadien.

Il souhaite toutefois qu'Ottawa se dote de règles claires pour déterminer dans quelles circonstances un orateur invité doit être interdit de séjour au Canada.

Par le passé, les autorités canadiennes ont déjà refusé à certaines personnalités d'entrer au pays, dont le pasteur américain Terry Jones, qui s'était rendu célèbre en brûlant des exemplaires du Coran.

Le Canada n'est pas le seul pays à avoir recours à ce type d'interdiction.

Le Royaume-Uni a refusé, en juin dernier, de laisser Mme Geller et M. Spencer fouler le sol anglais. À ce jour, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n'a pas indiqué si elle entendait emboîter le pas aux autorités britanniques.

La porte-parole de l'ASFC, Vanessa Barrasa, a seulement précisé dans un courriel que chaque cas était analysé séparément et que plusieurs facteurs étaient étudiés pour déterminer si une personne peut venir au Canada ou non, comme l'implication dans des activités criminelles ou encore le fait d'avoir violé les droits humains.

Par ailleurs, le ministre de l'Immigration a le pouvoir depuis peu de refuser l'entrée au pays à des individus pour «des considérations liées aux politiques publiques», un paramètre qui, de l'avis de certains experts, est trop flou.

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