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Port du voile : une jeune femme victime de discrimination?

12/09/2013 04:58 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST

Une immigrante qui vit à Québec a déposé une plainte devant la Commission des droits de la personne après avoir perdu son emploi dans un restaurant parce qu'elle portait le voile.

Oumanyma Bouberak, qui avait été embauchée au comptoir de restauration rapide Vieux-Duluth de Laurier Québec en novembre 2012, soutient avoir dû quitter son emploi en mars 2013, après la visite d'un inspecteur du Groupe MTY , détenteur de la bannière Vieux-Duluth.

La jeune musulmane se dit victime de discrimination. Elle affirme que l'inspecteur lui a demandé de retirer son voile, qu'il a qualifié de burqa, si elle voulait revenir au travail.

« Sur la feuille qu'il [l'inspecteur] ne voulait pas me remettre, il a juste écrit que ce n'était pas admissible de travailler avec une burqa sur la tête. Alors, je suis allée voir le gérant plusieurs fois pour avoir ma cessation d'emploi et toutes les démarches qu'il faut et il a dit : "Moi, je peux vous transférer ailleurs au privé, pas avec MTY." Il a dit que là, je pourrais travailler avec un voile, mais j'ai décliné l'offre », dit Mme Bouberak.

La jeune femme d'origine algérienne, qui habite Québec depuis sept ans, soutient qu'elle s'était pourtant assurée auprès de son supérieur lors de l'embauche que son hijab ne poserait aucun problème.

Oumanyma Bouberak a déposé une plainte devant la Commission des droits de la personne, mais le dossier n'est pas encore réglé. 

Le franchisé de Laurier Québec confirme que l'employée a perdu son emploi à cause du voile, tandis que la maison-mère des restaurants Vieux-Duluth affirme que le port du hijab n'a rien eu à voir avec cette décision.

Des inquiétudes quant à la charte des valeurs québécoises

La jeune femme a dû quitter son emploi au mois de mars, soit plus de six mois avant le dévoilement de la charte des valeurs québécoises.

Cette dernière, qui vise l'interdiction des signes religieux ostentatoires pour les employés de l'État dans l'exercice de leurs fonctions, ne s'appliquera pas aux entreprises privées telles que les restaurants, si elle est adoptée. Toutefois, Oumanyma Bouberak affirme que l'adoption de la charte serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase.

« [Si la charte est adoptée] je ne resterai pas à Québec. Je ne l'enlèverai pas [le voile] pour personne, Pauline Marois non plus », affirme la jeune femme.

Hamik Merdassi, de l'Assocation des Tunisiens du Québec, estime quant à lui que la charte aurait un impact sur tous les travailleurs qui portent des signes religieux ostentatoires. « Le fait de mettre au ban, de mettre au pilori une certaine catégorie de la population ne fait que raviver les préjugés qu'on peut avoir sur cette communauté-là », dit-il.

Annuellement, de 3 % à 4 % des plaintes reçues par la Commission des droits de la personne sont déposées pour des motifs religieux.

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