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Mourani expulsée du Bloc pour ses propos contre la charte

12/09/2013 10:17 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

La députée fédérale d'Ahuntsic, Maria Mourani, est expulsée du caucus du Bloc québécois. Le chef bloquiste Daniel Paillé a expliqué jeudi que c'est l'opposition de Mme Mourani au projet de charte des valeurs québécoises qui a mené à cette décision. Le Bloc dit appuyer le projet du gouvernement Marois.

« La députée d'Ahuntsic, Mme Maria Mourani, a tenu des propos qui ne reflètent aucunement la position du Bloc québécois. La charte des valeurs québécoises, loin de constituer, comme l'affirme Mme Mourani, une démarche électoraliste, une grave erreur stratégique du mouvement souverainiste ou encore, pire, une manifestation de nationalisme ethnique, est, au contraire, une démarche nécessaire et fondamentale pour la nation québécoise », indique Daniel Paillé dans un communiqué.

« Devant ces positions irréconciliables, j'ai demandé à Mme Mourani de délaisser son rôle de porte-parole auprès du collectif des Indépendantistes pour une laïcité inclusive et de mener le débat au sein du caucus, ce qu'elle a malheureusement refusé de faire », poursuit-il.

« J'annonce donc, avec l'appui des membres de mon caucus, qu'à partir de maintenant, la députée d'Ahuntsic ne fait plus partie du caucus du Bloc québécois et qu'elle ne peut plus prétendre parler au nom du Bloc québécois », affirme Daniel Paillé.

En entrevue à ICI Radio-Canada Première, M. Paillé a soutenu qu'il fallait assurer une cohésion à l'intérieur du caucus.

Maria Mourani opposée au projet de charte des valeurs

Mercredi, la députée avait pris position contre le projet de charte des valeurs québécoises du gouvernement de Pauline Marois, notamment en appuyant la Déclaration des Indépendantistes pour une laïcité inclusive sur la Charte des « valeurs québécoises ».

Selon elle, le projet de charte des valeurs risque de nuire à long terme aux objectifs du mouvement souverainiste, qui vise à obtenir un maximum d'appuis au projet d'indépendance du Québec.

En conférence de presse, mercredi, elle avait vivement critiqué l'approche péquiste. « Pourquoi tout ça? Pourquoi passer par une charte? Pourquoi faire tout ce bruit? »

« Je n'ai jamais entendu parler d'un enseignant, d'un fonctionnaire, qui, par le fait qu'il ait une croix, aurait fait du prosélytisme face à une autre personne pour la faire changer de religion ou aurait imposé sa religion. Je ne comprends pas qu'est-ce qu'une croix peut faire au niveau de la laïcité de l'État », affirmait-elle mercredi sur les ondes de RDI.

« En tant qu'indépendantiste, c'est un très mauvais calcul pour l'indépendance du Québec. Ça fait plus de 10 ans que je travaille dans différents groupes ethnoculturels pour parler d'indépendance, pour leur dire d'adhérer à la cause. Ce que je constate, c'est qu'on perd des membres du Parti québécois, on perd des gens qui quittent le mouvement indépendantiste », disait-elle.

« Il y avait beaucoup plus de monde issu de l'immigration, beaucoup d'arabo-musulmans, qui se présentaient pour le PQ [aux élections provinciales de 2008]. Aux dernières élections [de 2012], il y en avait très peu. C'est grave pour le mouvement indépendantiste. J'appelle tous les indépendantistes à se réveiller sur ce point parce qu'on ne fera pas l'indépendance du Québec sans tout le monde, et sans Montréal », ajoutait-elle.

« Bravo à Maria Mourani pour avoir pris position contre cette proposition porteuse de division. Mme Marois a sous-estimé les Québécois », a réagi le chef du Parti libéral du Québec, Justin Trudeau, sur son compte Twitter.

L'appui du Bloc québécois au gouvernement Marois

Quelques heures après la sortie de ce regroupement d'indépendantistes, dont fait partie Mme Mourani, le Bloc québécois diffusait un communiqué où il disait donner son plein appui au projet de charte des valeurs du gouvernement du Québec, et saluait la démarche de consulter la population.

« Le Bloc québécois souscrit aux valeurs communes énoncées dans la charte et réitère qu'il est favorable à l'encadrement des accommodements religieux ainsi qu'à la nécessaire neutralité religieuse de l'État », pouvait-on lire dans un communiqué du parti.

Toutefois, en 2007, le Bloc québécois avait appuyé l'interdiction des signes religieux, mais seulement pour les employés de l'État qui incarnent l'autorité - comme les policiers et les juges - , ce qui n'est pas la position actuelle du gouvernement Marois.

Mme Mourani a annoncé qu'elle ferait une déclaration vendredi concernant les derniers événements.

La charte des valeurs, un débat de société

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