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Manifestations au sommet du G20 de Toronto: le policier reconnu coupable

12/09/2013 04:22 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST
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December 22, 2010-Cst. Babak Andalib-Goortani appears at SIU headquarters in Mississauga, he has been charged with beating a man during the G20 demonstrations. TORONTO STAR/TANNIS TOOHEY (Photo by Tannis Toohey/Toronto Star via Getty Images)

TORONTO - La condamnation d'un policier de Toronto pour avoir malmené un manifestant lors du sommet du G20, il y a trois ans, a été accueillie comme une victoire pour les centaines de militants arrêtés lors de l'événement.

L'agent Babak Andalib-Goortani a été reconnu coupable, jeudi, de voies de fait armées contre le manifestant Adam Nobody. La juge Louise Botham a déclaré que le policier avait fait usage d'une force excessive pendant l'arrestation du militant devant l'assemblée législative ontarienne à Toronto, le 26 juin 2010.

La juge de la Cour supérieure de l'Ontario a estimé qu'il n'était pas nécessaire que le policier frappe le militant avec sa matraque à de multiples reprises, tandis que ses collègues tentaient de lui passer les menottes aux poignets.

«Un agent de police n'a pas le droit d'utiliser une force illimitée pour procéder à une arrestation», a-t-elle affirmé.

Une vidéo de l'arrestation d'Adam Nobody le montre plaqué au sol, avec plusieurs agents qui tentent de le contrôler en s'appuyant sur lui. Quelques instants avant que l'agent Andalib-Goortani ne lui inflige une seconde série de coups, on peut voir un autre policier appuyer son genoux sur le visage du manifestant, a mentionné la juge Botham.

«Je conçois que lors d'une situation mouvementée, les arrestations doivent être exécutées rapidement, et les agents peuvent avoir recours à la force pour ce faire... (mais) la résistance démontrée par Adam Nobody était minime», a-t-elle estimé.

M. Nobody a applaudi pendant la lecture du verdict. Plus tard, il a déclaré que s'il était satisfait, il n'en demeurait pas moins surpris, puisque les policiers sont rarement reconnus coupables dans ce genre de dossier.

«J'espère que cela donnera raison aux 1100 personnes arrêtées et bousculées ce jour-là, dont moi. C'est tellement un sentiment agréable, après trois ans», a-t-il affirmé.

L'agent Andalib-Goortani est l'un des deux policiers visés par des accusations criminelles en lien avec les arrestations lors du sommet du G20. Adam Nobody avait subi une fracture du nez et de la joue.

Dans ses plaidoiries finales, la Couronne a affirmé que le constable Andalib-Goortani avait perdu le contrôle à cause du chaos qui régnait lors de la manifestation.

Pour sa part, l'avocat du policier a affirmé que le comportement de l'agent était fidèle à l'entraînement qu'il a reçu pour de telles circonstances.

Le président de l'Association de la police de Toronto, Mike McCormack, a déclaré que le policier pourrait faire appel du verdict.

«Il est très perturbé, il est effondré face à cette décision», a-t-il dit.

«Nous croyons au système, et cela a toujours été le cas, mais dans ce cas-ci, nous avons tout simplement l'impression que la juge n'a pas pris la bonne décision», a poursuivi M. McCormack.

Babak Andalib-Goortani comparaîtra de nouveau le 8 novembre pour l'audience sur la détermination de sa peine. Les voies de fait armées sont passibles d'une peine maximale de 10 ans de prison.

M. Andalib-Goortani subira par ailleurs l'an prochain un autre procès sous un deuxième chef de voies de fait armées.

Un deuxième policier, Glenn Weddell, lui aussi accusé dans la foulée des manifestations du G20 à Toronto, avait été acquitté plus tôt cette année.

Dans son verdict, la juge Botham a déclaré avoir été troublée par le fait que M. Andalib-Goortani ne portait pas de badge permettant de l'identifier. Elle a aussi qualifié «d'étonnant» le fait que ses confrères ayant témoigné pendant le procès aient tous eu un «souvenir aussi frais» du comportement d'Adam Nobody ce jour-là, alors que l'arrestation a eu lieu à travers des milliers de manifestants il y a déjà trois ans.

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