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Charte des valeurs : des appuis à l'extérieur de Montréal

12/09/2013 07:19 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

Le débat sur la proposition de charte des valeurs québécoises a des échos non seulement à Montréal, mais aussi ailleurs au Québec, où la proposition du gouvernement semble trouver plus d'appuis.

Dans la circonscription de Terrebonne, l'immigration représente moins de 5 % des 66 000 habitants. Le Parti québécois y a remporté neuf des dix élections depuis 1976. Pauline Marois se retrouve donc en territoire ami.

Invitée par la Chambre de commerce et d'industrie des Moulins jeudi, la première ministre n'a pas hésité à parler de sa proposition de charte des valeurs.

Parmi les participants, le projet de charte trouve des appuis. « Ce que je trouve dommage, c'est qu'on est au Québec, c'est notre pays, puis on est obligés de couper nos habitudes. Je trouve que le Parti québécois a raison d'aller de l'avant, puis ils ne devraient pas lâcher », affirme une femme interrogée par Radio-Canada.

Un autre participant estime qu'il « faut garder » la culture québécoise. « Là, on est après se faire envahir. Ça fait que les accommodements raisonnables, on a été trop tolérants », ajoute-t-il.

Certains se disent prêts à discuter, pourvu que l'on encadre une fois pour toutes la question des accommodements raisonnables. « Ça va être un débat, on va pouvoir en discuter, et après ça, il va certainement en sortir des conclusions qui, à mon avis, vont faire grandir le Québec », croit un participant.

Un autre affirme que le gouvernement doit prendre « le boeuf par les cornes » et faire « quelque chose une fois pour toutes, dans le respect de nos nouveaux arrivants ».

Le débat est donc bien lancé sur la proposition de charte des valeurs du gouvernement Marois, un débat entre Montréal, où plusieurs municipalités ont demandé d'être soustraites de la charte, et les régions, qui semblent plus favorables.

En entrevue à l'émission 24/60, le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, a refusé de reconnaître un tel clivage. « Je pense que l'enjeu des valeurs n'est pas un enjeu métropolitain ou montréalais. Quand on parle des valeurs d'une société, peu importe où on est, il y a là un lieu commun qu'on doit partager, et ma foi, j'espère qu'on ne profitera pas de ce débat pour stigmatiser les régions par rapport à la métropole », a-t-il déclaré.

La France, un bel exemple

Pendant ce temps, la première ministre Marois continue de défendre son projet de charte. Jeudi, elle a profité d'un point de presse à Terrebonne pour vanter le modèle français en matière d'immigration.

« Le plus bel exemple, à mon avis, c'est la France, qui a un nombre très imposant de personnes d'origine maghrébine et qui a trouvé un espace pour bien vivre avec tous ces ressortissants d'autres religions », a-t-elle suggéré.

Avec les informations de Denis-Martin Chabot

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