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Brutalité au G20 à Toronto : policier reconnu coupable 

12/09/2013 10:08 EDT | Actualisé 12/11/2013 05:12 EST

Un premier policier est reconnu coupable d'usage de force excessive contre un manifestant lors du sommet du G20 à Toronto en 2010, après de multiples plaintes de protestataires.

Un tribunal torontois a statué jeudi matin que l'agent Babak Andalib-Goortani était coupable de voies de fait armées. Selon la juge Louise Botham, « un policier n'a pas le droit d'utiliser un niveau illimité de force pour effectuer une arrestation ». 

La victime, Adam Nobody, se dit très heureuse du verdict. Il sent qu'il a réussi à venger tous ceux qui ont été injustement accusés durant le G20. Il est tout de même « surpris » du verdict.

Selon lui, les images vidéo tournées par un autre protestataire ont été un facteur déterminant qui a mené au verdict. Ces images avaient circulé dans les médias, après que l'Unité provinciale des enquêtes spéciales (UES), qui supervise le travail des policiers en Ontario, eut affirmé qu'elle n'avait pas suffisamment de preuves pour déposer des accusations. 

Le dossier a été ouvert, fermé, puis rouvert à plusieurs reprises avant qu'il n'y ait un procès.

L'agent Andalib-Goortani connaîtra sa sentence le 8 novembre. Selon la loi, il risque un maximum de 10 ans d'emprisonnement.

De son côté, l'Association des policiers de Toronto envisage un appel.

Versions contradictoires

L'avocat du policier Babak Andalib-Goortani a affirmé durant le procès que son client n'avait fait que son devoir pour contrôler un protestataire récalcitrant.

Selon Me Harry Black, il s'agissait d'un exemple classique de ce qui est montré aux policiers durant leur formation.

M. Nobody, âgé de 30 ans, avait été maîtrisé alors qu'il tentait d'échapper aux policiers pendant une manifestation, le 26 juin 2010, devant l'Assemblée législative ontarienne.

L'agent Andalib-Goortani, aux côtés de quatre autres policiers, a tenté d'immobiliser Adam Nobody, lui assénant trois coups de matraque sur la cuisse. 

Adam Nobody a soutenu, quant à lui, qu'il n'avait pas résisté à son arrestation. Il a affirmé ne pas savoir pourquoi les policiers l'avaient ciblé. Il a raconté qu'il observait la manifestation de loin, avait discuté avec des amis et acheté de la bière avant son arrestation. Plusieurs policiers ont toutefois soutenu dans leur témoignage en cour que l'homme avait incité la foule à la violence plusieurs heures avant son arrestation, injuriant les forces de l'ordre et menaçant de les frapper à la tête.

En mai dernier, un autre policier, Glenn Weddell, avait été blanchi, lui, d'accusations de brutalité relativement au G20.

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