POLITIQUE

Le SFPQ appuie le projet de charte du gouvernement Marois

11/09/2013 10:38 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada

Les représentants du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) donnent leur appui au projet de charte des valeurs québécoises du gouvernement du Québec.

Selon Lucie Martineau, présidente du SFPQ, les propositions du gouvernement Marois sont le reflet d'une « volonté exprimée à plusieurs reprises par les syndiqués du SFPQ afin que le Québec se dote d'une charte de la laïcité de l'État ».

Précisant que le SFPQ a procédé à plusieurs consultations et ouvert de nombreux forums sur la question au cours des six dernières années, Lucie Martineau a expliqué qu'il existe bel et bien un malaise chez les fonctionnaires sur la question des accommodements religieux et qu'il en résulte de réelles problématiques.

« Le gouvernement du Québec doit définir des balises claires en ce qui a trait aux accommodements religieux, au port de signes religieux ostentatoires par des représentants de l'État et ainsi renforcer le caractère laïque de l'État québécois », soutient la présidente générale du SFPQ.

Pour le SFPQ, il est clair et essentiel que les fonctionnaires qui sont aux services des citoyens n'affichent aucun signe religieux ou politique ostentatoire. S'il n'est pas jugé acceptable qu'un fonctionnaire arbore le symbole d'un parti politique ou appose dans son bureau l'affiche d'une organisation politique, le syndicat ne voit pas pourquoi les employés de l'État devraient davantage afficher leurs convictions religieuses.

La neutralité religieuse, tout comme la neutralité politique doit être de mise lorsqu'il est question de services dispensés par l'État aux citoyens, affirment les dirigeants du SFPQ.

Lucie Martineau ne voit par ailleurs aucun obstacle ou incohérence dans les propositions du gouvernement du Québec pour établir la neutralité de la fonction publique québécoise.

Expliquant qu'elle n'a jamais vu dans toute sa carrière un fonctionnaire être congédié en raison de ses opinions politiques, ni lors de l'imposition des règles sur l'équité salariale, Mme Martineau a déclaré qu'elle n'envisageait pas davantage de congédiements de fonctionnaires à qui on demanderait de ne pas arborer de signe religieux sur les lieux de travail. Le succès de l'opération repose selon elle sur le dialogue. 

L'organisation syndicale se réjouit par ailleurs de la volonté du gouvernement d'appliquer sa future charte autant à ceux qui donnent qu'à ceux qui reçoivent les services de l'État, principalement sur les questions d'égalité homme femme. Citant des cas où des citoyens ont refusé d'être servis par des fonctionnaires de sexe féminin, Lucie Martineau a salué l'imposition de règles claires « afin que les femmes et les hommes travaillant au sein de la fonction publique québécoise puissent s'exécuter quotidiennement avec l'assurance que les demandes d'accommodements religieux de la part de citoyennes et de citoyens sont balisées et désormais plus faciles à gérer ».

« Nous estimons que le gouvernement ne doit pas consentir à des groupes de citoyens des accommodements pour des motifs religieux qui briment le droit à l'égalité des sexes de nos travailleuses et travailleurs », précise le SFPQ dans un communiqué.

Le SFPQ regroupe environ 42 000 membres au Québec dont 31 000 sont issus de la fonction publique québécoise. Les 11 000 autres membres proviennent du secteur parapublic.

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