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Lac-Mégantic : L'étiquetage des wagons et le rôle d'Irving mis en cause

11/09/2013 10:21 EDT | Actualisé 11/11/2013 05:12 EST

Un texte de Yanick Cyr

Le pétrole brut transporté par le train de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), qui a déraillé à Lac-Mégantic le 6 juillet dernier, était mal identifié dans les documents de transport, soutient le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada. Le risque d'inflammabilité y était sous-estimé.

Le pétrole était identifié comme appartenant à la troisième catégorie d'emballage de matières dangereuses (GE III) - sur une échelle contenant trois échelons - alors qu'il appartient, de fait, à la deuxième catégorie (GE II). Le BST est parvenu à cette conclusion après avoir analysé le pétrole contenu dans les neuf wagons demeuré intact à la suite du déraillement de Lac-Mégantic.

Le BST ajoute toutefois qu'une identification appropriée des matières dangereuses, qui ont explosé à Lac-Mégantic, n'aurait rien changé aux normes transport ou aux interventions des équipes d'urgence. Selon le gestionnaire du BST pour l'Est du Canada, Ed Belkaloul, la réglementation permet l'utilisation du wagon-citerne de classe 111 pour les matières dangereuses de catégorie GE II et GE III.

Toutefois, l'enquête du BST, qui est toujours en cours, « remet en question l'aptitude des wagons-citernes de classe 111 à transporter des quantités importantes de liquide inflammable à point d'éclair [niveau d'inflammabilité] bas (GE I et GE II) », explique le communiqué.

« Le point d'éclair relativement bas dans le cas de ce produit explique en partie pourquoi il s'est enflammé aussi vite lors de l'accident à Lac-Mégantic », souligne M. Belkaloul. Il avance également que la problématique de l'utilisation du wagon-citerne 111 est soulevée depuis une quinzaine d'années par le BST.

M. Belkaloul précise que le NTSB, le pendant américain du BST, recommande d'ailleurs aux transporteurs de matières dangereuses que les matières dangereuses appartenant aux groupes GE I et GE II soient convoyées dans des wagons-citernes de classe 111 plus résistants que les originaux. Le BST poursuit son enquête et ses tests sur les wagons-citernes impliqués dans l'accident de Lac-Mégantic. « Basé sur les résultats que nous obtiendrons, c'est une piste que l'on envisage, explique M. Belkaloul. Et, éventuellement, c'est là où l'on va aller. »

C'est pourquoi le BST a transmis un avis de sécurité à Transports Canada et à son homologue américain, la Pipeline and Hazardous Materials Safety, pour qu'ils revoient leurs normes de sécurité en matière d'emballage pour le transport de ce type de pétrole.

L'accident ferroviaire du 6 juillet dernier à Lac-Mégantic a coûté la vie à 47 personnes.

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