DIVERTISSEMENT

Les Aiguilles et l'Opium : le grand retour sur scène, 20 ans plus tard

10/09/2013 04:58 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST
AP
In this Jan. 17, 2012 photo, music director Robert Lepage speaks during a break in rehearsal of Wagner's "Ring" at the Metropolitan Opera in New York. “Ring” is the most expensive production ever seen on the Met stage, costing more than $16 million. (AP Photo/Mary Altaffer)

C'est l'événement théâtral de la rentrée dans la capitale. Plus de vingt ans après avoir créé une première version de Les Aiguilles et l'Opium, un éblouissant solo multimédia, Robert Lepage récidive avec Ex Machina et représente cette oeuvre de jeunesse. Ceux qui y étaient se rappelleront certainement cet inoubliable moment d'émerveillement. Son défi sera d'en recréer, pour une nouvelle génération, l'éphémère magie. La pièce fort attendue sera présentée en ouverture de la 43e saison du théâtre du Trident dès le 17 septembre. Et pour couronner le tout, pour la «re-création» de cette oeuvre devenue mythique, le dramaturge de Québec retrouve le complice artistique à qui il avait légué son rôle dans la mouture originale : Marc Labrèche.

Le retour de Marc Labrèche

Marc Labrèche s'empare donc du rôle qui devrait lui coller à la peau, ce comédien d’une immense sensibilité pour qui rien d’humain n’est étranger. Et puisque le récit des Aiguilles et l'opium s'articule autour de «l'effort désespéré d'un homme qui plonge en lui-même pour s'arracher à la douleur et se libérer de la dépendance amoureuse», Marc Labrèche est le comédien tout désigné pour interpréter le rôle. Il avait d'ailleurs éloquemment remplacé Lepage dans la version originale française et anglaise de Les Aiguilles et l’opium, avec laquelle il a tourné au Québec, en Europe et en Asie durant deux ans au milieu des années 90. À noter aussi que l’artiste Wellesley Robertson III participe à la production sur scène. Le comédien, gymnaste et breakdanceur a déjà plusieurs collaborations avec Lepage à son actif. «L'idée de jouer dans cette relecture d'une pièce que j'ai tant aimé jouer il y a plusieurs années, m'allume énormément» déclarait à ce propos Marc Labrèche.

Quand Robert Lepage recrée Jean Cocteau, Miles Davis et ses jeunes années

Une nuit de 1949, entre Paris et New York, le poète et dramaturge Jean Cocteau et le jazzman Miles Davis se croisent au-dessus de l’Atlantique. Ils ne se doutent pas que leur traversée fera écho, bien des années plus tard, à la fuite d’un comédien québécois qui se réfugie dans une chambre d’hôtel de Saint-Germain-des-Prés pour guérir d’une rupture amoureuse. À partir de cette situation aux correspondances souterraines, Robert Lepage déploie une série de variations qui se répondent les unes les autres : l’absence de l’être aimé trouve son contrepoint dans l’addiction à l’opium de l’un et à l’héroïne de l’autre alors que le narrateur cherche à anesthésier sa peine d’amour.

20 ans plus tard : un regard plus mature

Des mots évocateurs, de la musique cuivrée, une peine d'amour ... Il n'en fallait pas plus pour inspirer Robert Lepage, homme de théâtre à la sensibilité inouïe. Ce spectacle s'inscrit dans une trilogie de ses pièces solo. Précédée de Vinci (1986) et suivi par Elseneur (1998), la création des Aiguilles remonte à 1991. L'auteur des Sept Branches de la rivière Ôta et de la Face cachée de la lune revisite donc cette oeuvre fort de sa recherche constante de modes d'expression originaux et de formes inédites qui devraient l'amener à poser un regard plus mature sur ce récit. Évidemment. Pour les jeunes spectateurs qui n’ont pas connu la belle période des années 1980 et 90 dans la carrière de Lepage, voici une occasion formidable de renouer avec les origines de son œuvre et de comprendre sa suite. Devant l'engouement suscité par la présentation de cette oeuvre, des supplémentaires ont déjà été annoncées les 14 et 15 septembre. Le spectacle dure 1h35 sans entracte.

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.


INOLTRE SU HUFFPOST

La rentrée culturelle (Automne 2013)