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Un discours à la croisée des chemins pour Obama

10/09/2013 08:46 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST
AP
President Barack Obama addresses the nation in a live televised speech from the East Room of the White House in Washington, Tuesday, Sept. 10, 2013. President Obama blended the threat of military action with the hope of a diplomatic solution as he works to strip Syria of its chemical weapons. (AP Photo/Evan Vucci, Pool)

Le président américain a livré mardi soir un discours à la nation reflétant la délicate position des États-Unis après avoir menacé la Syrie de représailles à la suite de l'usage présumé d'armes chimiques en banlieue de Damas, le 21 août dernier.

Barack Obama a affirmé que les États-Unis restaient prêts pour une attaque « ciblée », mais souhaitaient laisser une chance à la diplomatie, à la suite d'une proposition de la Russie qui verrait Damas mettre son arsenal chimique sous supervision internationale.

Le plan proposé par Moscou a transformé une intervention militaire occidentale imminente en ballet diplomatique et politique constant depuis le début de la semaine.

Barack Obama a réitéré que l'attaque chimique présumée constituait un danger pour la sécurité des Américains, et qu'une incapacité à y répondre enverrait le message à d'autres tyrans qu'il serait possible d'employer impunément des armes chimiques.

Pour cette raison, les États-Unis, a-t-il dit, sont prêts à lancer une attaque « ciblée » avec un objectif clair : dissuader le régime de Bachar Al-Assad de toute récidive et lancer un message clair au monde que les Américains ne toléreront aucune utilisation d'armes chimiques.

Toutefois, le président Obama a rappelé qu'il était à la tête de la « plus vieille démocratie constitutionnelle du monde ». Pour cette raison, il souhaiterait avoir l'appui du Congrès avant de lancer une attaque, limitée et ciblée, a-t-il insisté, contre la Syrie, qui n'a pas la capacité de menacer sérieusement l'armée américaine, a-t-il assuré.

M. Obama a reconnu que certains des adversaires d'Al-Assad étaient des « extrémistes », mais il a affirmé que le réseau Al-Qaïda tirerait de la force d'une Syrie chaotique.

Il a aussi dit qu'il était d'accord avec l'idée que les États-Unis ne pouvaient être la « police du monde ».

Faisant référence à la proposition russe, Barack Obama a dit avoir vu des signes encourageants au cours des derniers jours. Sceptique, il a ajouté qu'il était trop tôt pour dire si cette offre allait réussir.

Il a affirmé que les États-Unis allaient poursuivre leurs échanges avec la Russie et les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (France, Royaume-Uni, Chine) pour en arriver à une résolution qui forcerait le régime syrien à abandonner son arsenal chimique.

Les Américains et les Russes ont d'ailleurs annoncé qu'ils allaient se rencontrer sur les modalités de cette éventuelle supervision des armes syriennes. Le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre des Affaires russe Sergueï Lavrov vont se réunir jeudi à Genève, en Suisse, pour tenter de rapprocher leurs positions sur la suite à donner à l'acceptation syrienne. Barack Obama a indiqué qu'il allait également s'entretenir avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président Obama a confirmé qu'il avait demandé le report d'un vote au Sénat sur une intervention militaire en Syrie qui devait avoir lieu cette semaine. Le Congrès et l'opinion publique sont en effet divisés à l'idée de s'engager dans un autre conflit au Moyen-Orient.

Les États-Unis estiment que le régime syrien s'est rendu coupable d'avoir utilisé des armes chimiques lors d'une attaque perpétrée en banlieue de Damas, le 21 août, qui a fait des centaines de morts.

Une enquête de l'ONU est en cours, mais ses conclusions ne sont pas attendues avant des jours, sinon deux ou trois semaines.

Au cours de la journée de mardi, le président américain Obama, son homologue français François Hollande et le premier ministre britannique David Cameron ont eu un entretien téléphonique au cours duquel ils ont tous marqué leur préférence pour une solution diplomatique, a indiqué la Maison-Blanche.

Les trois dirigeants sont toutefois d'accord pour continuer à envisager « un vaste éventail de réponses » à l'utilisation des armes chimiques en Syrie.

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