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Denis Villeneuve, l'homme du TIFF 2013

10/09/2013 03:41 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST
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TORONTO, ON - SEPTEMBER 07: (L-R) Director Denis Villeneuve and actor Hugh Jackman speak onstage at 'Prisoners' Press Conference during the 2013 Toronto International Film Festival at TIFF Bell Lightbox on September 7, 2013 in Toronto, Canada. (Photo by Jason Merritt/Getty Images)

Les festivaliers du TIFF ont été les premiers à découvrir Enemy, de Denis Villeneuve. Un public qui a découvert le film… en même temps que le réalisateur québécois!

L’homme du TIFF, cette année, c’est lui. Denis Villeneuve, deux films, les deux mettant en vedette Jake Gyllenhaal. D’un côté, Enemy, un film indépendant au budget relativement modeste. De l’autre, Prisoners, une grosse production avec Warner Brothers pour laquelle on commence déjà à parler d’Oscars. Un jour, Villeneuve boucle le tournage d’Enemy. Le lendemain matin, il prend un avion pour Los Angeles afin de commencer Prisoners. La post-production de l’un s’est donc faite au travers du tournage de l’autre. « Est arrivé un moment où je devais visionner la version finale d’Enemy puis je me suis dit “non, je vais vivre ça une fois dans ma vie, le stress, l’angoisse de voir le film fini en même temps que le public!” Et à la première dimanche soir, je le regardais et je me disais j'ai fait ça, moi? J’étais tellement dans un tourbillon à ce momentlà de ma vie, c’est comme si c'est une autre partie de moi qui avait fait le film. Et j'ai eu une joie profonde à le voir pour une première fois avec un public. Et ça peut paraître stupide, mais je dois dire que j’ai adoré le film! »

Évidemment, les deux films de Denis Villeneuve présentés à Toronto ne jouent pas dans la même ligue en termes de potentiel commercial. « Enemy, je l’ai fait comme un acte de cinéma, d’exploration pure et ça m’a fait tellement de bien! C’est un peu comme quand j’ai fait Next Floor, j’avais vraiment envie de faire un film pour le pur plaisir, sans cette pression commerciale. » La Warner Brothers ne voyait pas la chose du même oeil : « j’ai eu à les convaincre que je devais faire ce film-là avant de faire Prisoners. Quand je leur ai dit que j’allais faire un film indépendant au Canada à quelques mois de commencer Prisoners, ils étaient presque insultés. Il y a eu des discussions solides, très musclées. Mais je leur ai dit que j’avais besoin de retourner derrière la caméra, d’explorer la direction d’acteurs, de tourner en anglais avant de me lancer sur un plus gros plateau, bref d’un laboratoire. Je leur ai dit que pour moi ce film-là était aussi important que Prisoners et que j”allais le faire, point. Et ils ont compris.»

Cette promptitude à toujours dire ce qu’il pense définit la nature profonde de Denis Villeneuve. « Honnêtement, je pense que c’est pour ça que quand Philippe Falardeau, Jean-Marc Vallée et moi on débarque aux États-Unis et qu’on dit vraiment ce qu’on pense, ça les désarçonne… et ils aiment ça! On apporte une sorte de fraîcheur dans l’authenticité parce les gens de l’industrie hollywoodienne sont entourés de personnes qui sont là pour leur plaire, les brosser dans le sens du poil. Je sais que c’est comme ça que j’ai gagné Hugh Jackman, par exemple. Les acteurs, qui sont des bêtes ultra-sensibles, ça leur fait du bien d’entrer dans une zone d’authenticité. »

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