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Rentrée scolaire : l'aspect génétique de l'anxiété

09/09/2013 01:53 EDT | Actualisé 08/11/2013 05:12 EST

Certains écoliers réagissent fortement à la rentrée des classes : ils sont plus agités, plus émotifs et plus centrés sur eux-mêmes.

Le Pr Richard Tremblay, de l'Université de Montréal, affirme que ces comportements sont les symptômes classiques d'anxiété élevée et qu'ils peuvent être d'origine génétique.

Ce spécialiste dans les domaines de la pédopsychologie et de la pédopsychiatrie a amorcé en 1984 une étude longitudinale sur le développement de l'enfant à partir des premiers moments de la vie. Ces observations menées sur des décennies permettent de mieux comprendre les facteurs environnementaux et héréditaires qui mèneront un enfant à devenir agressif, dépressif ou anxieux.

Lors de la rentrée scolaire, l'anxiété ressentie par les jeunes est souvent reliée aux mêmes facteurs, c'est-à-dire :

  • l'incertitude envers un nouvel enseignant
  • la nouvelle salle de classe
  • les amis
  • l'intimidation

L'adaptation à ces changements représente un événement important dans la courte vie d'un enfant.

Certains élèves ont une propension à voir tout en noir. Or, le chercheur pense que cette tendance à craindre le pire proviendrait dans certains cas des parents. Il estime que l'impact génétique sur les comportements anxieux est considérable. Le meilleur indicateur de l'anxiété chez les enfants : les problèmes éprouvés par les parents avec les mêmes troubles.

Ainsi, si votre mère ou votre père est très anxieux, vous êtes plus prédisposé à être un enfant anxieux.

Les enfants stressés sont également plus enclins à déprimer, ce qui se traduira par une concentration plus difficile à l'école et, tôt ou tard, par des résultats scolaires plus faibles et des interactions sociales moins importantes.

L'effet boule de neige

Les enfants stressés font souvent face à un problème exponentiel : ils sont non seulement nerveux à l'idée de retourner à l'école, mais aussi à celle d'être anxieux une fois à l'école. Autrement dit, ils s'inquiètent du degré d'anxiété qui les envahira une fois que la classe commencera. Il s'agit, selon le Pr Tremblay, d'un métaproblème qui fait en quelque sorte référence à l'effet boule de neige de l'anxiété.

Le doigté des parents

Les parents doivent être à l'écoute des comportements de leurs enfants dans la première semaine d'école en tenant compte de leurs personnalités et de leurs réactions dans le passé.

Le chercheur, dont les travaux sont financés par la Fondation canadienne pour l'innovation, invite les parents qui ont souffert d'anxiété à la repérer chez leurs enfants et à en discuter avec eux.

Selon lui, les méthodes utilisées par les parents dans le passé peuvent, dans la majorité des cas, aider un enfant à vaincre son anxiété. Toutefois, si le stress est toujours présent après quelques semaines d'école, le chercheur recommande aux parents de solliciter de l'aide auprès de l'école, de conseillers ou même des grands-parents.

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