POLITIQUE

Le gouvernement Marois dévoilera sa Charte des valeurs mardi matin

09/09/2013 11:43 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST
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Pauline Marois, premier of Quebec, speaks during an interview in New York, U.S., on Thursday, Dec. 13, 2012. Marois, premier of Canada's second-most populous province, reiterated her aim to move Quebec toward independence and said it values its relationship with the U.S. Photographer: Scott Eells/Bloomberg via Getty Images

QUÉBEC - Après un long effeuillage médiatique, le gouvernement Marois met fin au suspense. Il dévoilera finalement sa Charte des valeurs québécoises mardi matin dans le hall de l'Assemblée nationale.

Le ministre responsable, Bernard Drainville, a convoqué la presse par voie de communiqué lundi. M. Drainville expliquera les propositions gouvernementales en matière d'encadrement des accommodements religieux et d'affirmation de certaines valeurs québécoises, dont l'égalité homme-femme et la neutralité religieuse de l'État.

La date du lundi 9 septembre avait d'abord été évoquée par certains médias pour le dévoilement de la Charte, mais le gouvernement s'est ravisé. En effet, elle coïncidait avec la rencontre des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'est du Canada, que préside la première ministre Pauline Marois, à La Malbaie. Le dévoilement de la Charte aurait détourné l'attention et la première ministre aurait probablement dû aborder cette question au cours du sommet.

Le projet de Charte des valeurs suscite la controverse depuis plusieurs semaines déjà, même sans que son contenu ne soit encore connu officiellement. Plusieurs sources du gouvernement proches du dossier n'ont cessé de divulguer aux médias divers éléments du projet.

Parmi les dispositions qui ont déjà transpiré du projet, il y a entre autres l'interdiction pour tous les employés de l'État, enseignants, fonctionnaires, employés de CPE, d'université, ou de municipalité, de porter des signes religieux ostentatoires. Cela comprendrait les voiles comme le hijab ou le niqab, mais aussi la kippa et le turban.

Toutefois les élus et les membres des conseils d'administration pourraient se soustraire à cette interdiction. Et par ailleurs, les signes plus discrets, les petites chaînes avec une croix, des boucles d'oreille ou une bague avec un signe religieux seraient autorisés, selon les informations qui ont filtré.

Aussi, des institutions telles que des hôpitaux et des universités, voire les municipalités, pourraient demander une dérogation de cinq ans à la Charte. Également les symboles considérés comme faisant partie du patrimoine du Québec, tels que le crucifix à l'Assemblée nationale et la croix du Mont-Royal, échapperont à la Charte.

Les partis d'opposition se sont déjà positionnés par rapport aux bribes du projet gouvernemental qui ont fait l'objet de fuites dans les médias. Le troisième parti en Chambre, la Coalition avenir Québec, a fait savoir qu'elle est favorable à l'interdiction des signes religieux, mais seulement chez les policiers, les gardiens de prison, les procureurs de la Couronne, les juges, de même que les enseignants des écoles primaires et secondaires.

L'opposition officielle, le Parti libéral, s'est montrée plus intransigeante à l'encontre de la position gouvernementale. Le chef libéral Philippe Couillard a été clair la semaine dernière: il prône la neutralité de l'État, mais pas celle des individus. Pas question d'interdire les signes religieux, sauf les voiles comme la burqa et le niqab, pour des raisons de sécurité et d'identification. Même les juges et les policiers pourraient porter la kippa, par exemple, contrairement à ce que préconisait le rapport Bouchard-Taylor, sur lequel est pourtant calqué en partie la position libérale.

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