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Première mondiale au TIFF pour le retour de Robert Lepage au cinéma avec «Triptyque»

07/09/2013 08:03 EDT | Actualisé 08/11/2013 05:12 EST
Martine Côté

Après la projection publique de Triptyque vendredi soir au TIFF, un spectateur a demandé à Robert Lepage comment il pouvait y avoir onze, oui, oui, onze personnes créditées comme auteurs au générique du film... Robert Lepage revient au cinéma après dix ans, et le fait à sa façon, c'est-à-dire en travaillant en collectif, sur une très longue période de temps et avec tout ce qui peut permettre la plus grande liberté possible.

Robert Lepage signe ce premier film depuis La face cachée de la lune (2003) avec Pedro Pires, créateur du brillant Danse macabre, présenté dans nombre de festivals à travers le monde. Deux grands explorateurs de la planète et du monde de la création ne pouvaient que signer une oeuvre à la personnalité unique.

Le système actuel de cinéma est très, voire trop, contraignant pour Lepage et Pires. Si un tournage se déploie habituellement sur environ trente jours de tournage, Triptyque a plutôt été tourné pendant une période de deux ans et demi. « On ne peut pas fonctionner comme ça avec un mois de tournage ferme. Ensuite, tu ne peux rien changer et le film ne t'appartient plus. Nous, on veut des tournages ouverts. On a une idée, je débarque chez la productrice avec la caméra pis on la fait. Notre film, c'est autant un mélange de "shots" comme ça, j'appelle ça des "shots" à 10 $, que de scènes tournées sur des gros plateaux. Puis souvent, c'est la shot à 10 $ qui se retrouve dans le film, finalement! » Lepage ajoute : « c'est sûr qu'en deux ans, les acteurs changent, ils vieillissent, ils vivent autre chose; et comme ces gens-là créent leur propre rôle, ça donne un résultat plus mature, plus riche, plus informé.»

Le film a beau être basé sur la pièce Lipsynch, créée en 2007 dans une version de cinq heures et, au final, dans une version de neuf heures, Triptyque dépasse la simple adaptation. L'histoire est recentrée autour de trois personnages: Michelle, une libraire aux prises avec des problèmes de santé mentale, Thomas, un neurochirurgien en quête de sens et Marie, chanteuse de jazz qui devra subir une opération au cerveau, une scène centrale du film, d'une intensité remarquable. « On a eu accès à trois opérations différentes, j'étais à deux pieds du cerveau, j'ai tout vu, le neurologue qui scie la calotte, le patient éveillé, et j'ai tellement trouve ça beau!», raconte Pedro Pires. « Et comme c'est un film qui évoque l'esthétique de la renaissance italienne, ça nous prenait une dissection!», ajoute Lepage.

Le film prendra l'affiche dans sa version longue en octobre et prendra aussi la forme de trois courts métrages différents du long métrage. Un triptyque jusque bout, quoi.

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