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Quand on a dit à Hudon qu'il était trop petit.

07/09/2013 12:47 EDT | Actualisé 07/11/2013 05:12 EST

À 1,78 m et 81 kg (5 pi 10, 178 lb), Charles Hudon n'est pas exactement un géant. Et ce n'est pas à 19 ans qu'il se mettra à grandir.

Ça n'avait pourtant pas empêché le Canadien d'en faire son choix de 5e tour (122e au total) en 2012. Car depuis ses premiers pas au hockey, Hudon a toujours eu à prouver que sa taille n'était pas un handicap.

« Ils le savaient en me repêchant que je ne serais pas gros et grand, rappelle Hudon, un des 40 joueurs invités au camp des recrues du Canadien cette semaine à Brossard. J'avais une crainte l'an passé, mais quand je me suis présenté à Hamilton pour la fin de la saison, oui, il y avait une grosse différence (de taille), mais je me suis démarqué en travaillant fort. Si tu travailles, la grandeur importe peu. »

Cette mentalité de battant, Hudon la doit notamment à un certain Jason Mitchell, son entraîneur au niveau bantam AA, avec les Seigneurs des Mille-Isles. Mitchell avait été promu au niveau midget AAA en cours de saison et avait pris Hudon à part pour lui dire quelques mots d'adieu.

  • Aimes-tu jouer au hockey?, lui a-t-il demandé
  • Oui, a répondu Hudon.
  • Aimes-tu dominer comme tu le fais ici?
  • Bien sûr.
  • Tu devrais en profiter, c'est la dernière fois de ta carrière que ça t'arrive. Tu ne pourras pas gagner ta vie en jouant au hockey. Dans le monde du hockey, tu es un nain.

Au dire de Mitchell, Hudon est resté bouche bée. Il n'avait aucune réaction.

« J'étais son mentor depuis un an et demi, et il n'avait pas l'air de comprendre pourquoi je lui disais cela, pourquoi je brisais son rêve », raconte Mitchell, joint au téléphone par Radio-Canada Sports.

Quelques mots plus tard, Hudon a finalement réagi.

  • Pourquoi me dis-tu ça?
  • Jusqu'à la fin de ta carrière, chaque fois que tu poseras un patin sur la patinoire, il y aura toujours quelqu'un pour te dire que tu es trop petit pour faire carrière au hockey. L'important, ce sera la façon dont tu vas réagir, comment tu vas répondre à ces critiques.

Le message de l'entraîneur a visiblement été entendu, puisque Hudon raconte encore cette anecdote aux journalistes.

« Parfois, en tant qu'entraîneur, tu ne réalises pas toujours la portée que peuvent avoir tes paroles sur le cheminement d'un jeune », rappelle Mitchell, qui est resté proche de son ancien protégé.

Les yeux sur Équipe Canada

Cinq ans plus tard, Hudon vit son premier camp avec le Canadien. Mais en tant que joueur de 19 ans, avec une brève expérience de neuf matchs chez les professionnels avec les Bulldogs de Hamilton, l'athlète d'Alma s'attend à retourner avec les Saguenéens de Chicoutimi pour la saison.

Ça ne l'empêche pas de rêver de disputer au moins un match préparatoire au Centre Bell.

« C'est mon objectif. J'ai vu Olivier Archambault disputer un match hors concours, j'aimerais le vivre à mon tour », explique-t-il, en référence à son bon ami, invité cette année au camp des recrues du Wild du Minnesota.

Ensuite, Hudon se mettra à l'œuvre pour reprendre son rendez-vous manqué de l'an dernier. Sélectionné par Équipe Canada en vue du Championnat du monde junior, il avait déclaré forfait à son arrivée à Helsinki sur blessure au dos.

Comme il le faisait ce printemps à Hamilton, Hudon traîne encore partout où il va sa casquette d'Équipe Canada, une façon de ne pas oublier qu'il a un compte à régler.

« C'est vraiment quelque chose de gros pour moi, dit-il, la voie un brin émotive. Cette casquette me suit depuis que je suis parti d'Helsinki. C'est un symbole pour dire que je serai prêt en décembre. »

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