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Moscou envoie des navires de guerre près des côtes syriennes

06/09/2013 01:04 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST

Moscou a décidé d'envoyer plusieurs navires de guerre en Méditerranée orientale, près des côtes syriennes, rapportent vendredi les médias russes, alors que les États-Unis envisagent de frapper le gouvernement de Bachar Al-Assad pour le « punir » d'une attaque chimique présumée le mois dernier à Damas.

Le navire de débarquement Nikolaï Filtchenkov va faire escale à Novorossisk, sur la mer Noire, pour embarquer « une cargaison spéciale », avant de se diriger vers sa zone d'assignation militaire en Méditerranée orientale, écrit l'agence de presse Interfax sans fournir de précision sur la nature de la cargaison.

L'agence RIA, pour sa part, affirme que la frégate Smetlivy va également appareiller pour la Méditerranée vers le 12 septembre. La corvette Chtil et le navire lance-missiles Ivanovets devraient également se rapprocher des côtes syriennes à la fin du mois, ajoute RIA.

Le ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a déclaré jeudi que son pays disposait déjà de forces navales non négligeables dans la région.

« La marine de guerre russe n'a pas l'intention de prendre part directement ou indirectement à un éventuel conflit dans la région », a-t-il souligné.

Les navires de débarquement Minsk et Novotcherkassk, ainsi que le bâtiment de reconnaissance Prirazovye, ont franchi jeudi le détroit du Bosphore, en route pour la Méditerranée.

Le croiseur lance-missiles Moskva et le contre-torpilleur Amiral Panteleïev se trouvent également en Méditerranée.

Moscou, qui dispose d'une base navale stratégique à Tartous en Syrie, refuse de s'engager militairement dans la guerre civile entre rebelles et forces pro-Assad et s'oppose à une intervention américaine.

La Russie, qui a fait trois fois usage de son veto au Conseil de sécurité de l'ONU contre des résolutions occidentales voulant sanctionner Assad, estime qu'une action armée américaine ne disposerait pas de la légitimité d'un mandat onusien.

La guerre en Syrie a éclipsé les autres sujets au menu du G20 jeudi et vendredi à Saint-Pétersbourg sans que les divergences aient pu été surmontées.

Mises en garde russes concernant le nucléaire

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) examine les mises en garde de la Russie sur les conséquences « catastrophiques » que pourrait avoir une attaque occidentale en Syrie au cas où un réacteur nucléaire proche de Damas était atteint par un missile.

« Je peux confirmer que l'AIEA a reçu une demande officielle de la Fédération de Russie. L'agence examine les questions soulevées », a déclaré la porte-parole de l'AIEA, Gill Tudor.

La Russie avait souligné mercredi les conséquences que pourrait avoir une attaque occidentale sur la Syrie si un missile venait à frapper un réacteur nucléaire de recherche situé près de Damas.

« Si une ogive, volontairement ou par hasard, devait toucher le Réacteur miniature source de neutrons (MNSR) près de Damas, les conséquences pourraient être catastrophiques », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les zones environnantes pourraient être contaminées par de l'uranium hautement enrichi, ajoute le ministère qui craint aussi que du matériel nucléaire tombe entre de mauvaises mains après une attaque.

Dans un rapport présenté la semaine dernière, l'AIEA estimait que « seule une petite quantité de matériel nucléaire » se trouvait dans le réacteur MNSR.

Reuters

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