Denis Coderre n'est peut-être plus député fédéral, mais son passé de député libéral dans la circonscription de Bourassa vient hanter sa campagne à la mairie de Montréal.

Projet Montréal et Coalition Montréal demandent au candidat de s'expliquer sur les révélations de la Presse canadienne (PC).

L'agence de presse révélait jeudi que le Parti libéral du Canada (PLC) avait récolté la grande majorité des dons versés par les individus et les entreprises soupçonnées de corruption au Québec durant la période qui a précédé le resserrement des règles sur les dons aux partis politiques, le scandale de l'industrie de la construction et l'exil des libéraux dans l'opposition.

L'enquête de la PC révèle que les libéraux ont reçu 85 % des 2,2 millions de dollars versés entre 1993 et 2011 par des personnes et des compagnies qui ont depuis été accusées à la suite d'enquêtes menées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Surtout que la circonscription de Bourassa, que représentait Denis Coderre, est la deuxième en importance pour les sommes reçues, juste après Outremont.

« Denis Coderre a non seulement ramassé les mêmes candidats qui ont bénéficié du système de corruption qu'on a eu à Montréal, il a aussi bénéficié des même réseaux de financement. [...] Denis Coderre doit s'expliquer aux Montréalais et expliquer pourquoi il a tant dépendu de ces même réseaux de financement qui ont corrompu la ville de Montréal », a déclaré Alex Norris candidat comme conseiller de ville pour le district Jeanne-Mance.

Marcel Côté, candidat à la mairie pour Coalition Montréal, est du même avis.

« Il y a deux façons de faire de la politique et je pense qu'on a vu dans ce tableau là la vieille façon de faire de la politique. [...] M. Coderre a surement rencontré plusieurs de ces individus. J'espère que c'est chose du passé. [...] Surement qu'il doit s'expliquer. C'est le deuxième comté qui a reçu le plus de contributions de gens qui, pour la grande partie, ont admis qu'ils avaient eu des comportement inadmissibles avec des politiciens, donc j'espère qu'il va s'expliquer », dit-il.

Il a été impossible d'avoir la réaction de M. Coderre à ce sujet. Sa porte-parole a déclaré que tout avait été fait de façon légale, et que M. Coderre n'était plus député. Elle a ajouté que pour avoir d'avantage d'explications, il fallait s'adresser à Élections Canada ou au PLC.

Avec les informations de François Cormier

Loading Slideshow...
  • Jeune politicien

    Denis Coderre a tenté sa chance en politique dès l'âge de 25 ans. En 1988, le jeune candidat libéral est défait par Gaby Larrivée, le candidat progressiste-conservateur dans la circonscription de Joliette. Il sera à nouveau battu lors d'une partielle par Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal. Denis Coderre tentera ensuite sa chance dans la circonscription de Bourassa où il sera élu à sa deuxième tentative, en 1997.

  • Commission Gomery

    Denis Coderre le répète à qui veut l'entendre: il n'a pas été blâmé par le rapport de la commission Gomery. L'enquête sur le scandale des commandites a tout de même révélé qu'il entretenait des relations étroites avec plusieurs acteurs de ce détournement de fonds publics. Le journaliste Normand Lester<a href="http://fr-ca.actualites.yahoo.com/blogues/la-chronique-de-normand-lester/l-irresistible-ascension-de-denis-coderre-comme-boss-de-montreal-132853114.html" target="_blank"> rappelait dans une chronique</a> qu'il a travaillé pour le Groupe Polygone «le plus important récipiendaire des contrats du programme des commandites». Denis Coderre a aussi bénéficié pendant six semaines du condo de son ami Claude Boulay, du Groupe Everest, en plus d'accepter des billets pour une loge au Centre Bell du publicitaire Jean Lafleur, condamné dans le scandale des commandites.

  • Il a déjà vu un OVNI

    Dans un <a href="http://archives.radio-canada.ca/sciences_technologies/phenomenes_inexpliques/dossiers/786-4720/" target="_blank">reportage de Radio-Canada</a>, un jeune Denis Coderre nous explique avoir aperçu un OVNI lors de ses observations du ciel. La vidéo a été diffusée en 1979, alors que le futur politicien était âgé de 16 ans.

  • Il voulait être premier ministre

    Denis Coderre affirme depuis ses années en Sciences politiques à l'Université de Montréal qu'il sera un jour premier ministre du Canada. En 2009, quelques jours après avoir démissionné de son poste de lieutenant au Québec de Michael Ignatieff, <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/politique-canadienne/200911/11/01-920810-denis-coderre-veut-diriger-le-parti-liberal.php" target="_blank">il annonçait</a> qu'il souhaitait se présenter éventuellement à la chefferie du Parti libéral du Canada. Il a finalement dû s'incliner devant la popularité de Justin Trudeau.

  • Réalisations

    Au début de sa carrière de député, Denis Coderre a occupé le poste de secrétaire d'État aux sports amateurs. C'est en grande partie grâce à lui que Montréal accueillera le siège international de l'Agence mondiale antidopage. Par la suite, le «bouillant député», comme on le surnomme, a été ministre de l'Immigration, de la Francophonie, en plus de gérer le règlement des questions des pensionnats autochtones.

  • Vedette sur Twitter

    On sait tous que Denis Coderre est un grand utilisateur de Twitter. L'ex-député compte plus de 100 000 abonnés sur le site de micro-blogues. Mais saviez-vous le politicien a même inventé son propre «hastag» pour suivre les matchs du Canadien de Montréal? En effet, il est possible suivre les matchs du Canadien en sa compagnie grâce au mot-clé: #HabsDC.