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Syrie: Téhéran sert une mise en garde aux Américains

05/09/2013 09:05 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST

Les États-Unis invoquent le prétexte d'une attaque chimique dans la guerre civile de Syrie pour s'ingérer dans les affaires intérieures de ce pays, et ils subiront des pertes s'ils décident d'intervenir, a estimé jeudi le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei.

« En ce qui concerne la Syrie, l'attaque chimique est un prétexte [...]. Les Américains cherchent à jouer sur les mots et prétendent s'engager sur le dossier pour des raisons humanitaires », a déclaré Ali Khamenei devant de l'Assemblée des experts, instance dont les membres élus pour huit ans ont le pouvoir de nommer et de révoquer le guide suprême.

« Je pense que les Américains commettent des erreurs en ce qui concerne la Syrie et ils en sentiront l'impact et subiront à coup sûr des pertes », a-t-il dit dans son discours devant l'assemblée, dont le texte a été diffusé sur son site Internet officiel.

Mercredi, le chef de l'unité d'élite iranienne Quds, Qassem Soleimani, avait déclaré devant la même assemblée que la République islamique « soutiendrait la Syrie jusqu'au bout ».

Les réactions des uns et des autres face à l'attaque chimique présumée du 21 août dans la banlieue de Damas ont laissé apparaître ces derniers jours des dissensions dans les allées du pouvoir à Téhéran.

Par contraste avec l'état-major des forces armées, le gouvernement du président Hassan Rohani, un modéré élu en juin et investi dans ses fonctions en août, a condamné l'utilisation d'armes chimiques et mis en garde contre toute intervention militaire contre la Syrie. Il n'a toutefois pas imputé l'attaque chimique à un camp, contrairement à certains responsables iraniens qui avaient pointé du doigt les insurgés.

Le régime du président syrien Bachar Al-Assad dément avoir utilisé des armes chimiques le 21 août, parlant d'une provocation des insurgés. Washington et Paris se disent en revanche convaincus de l'implication du pouvoir syrien dans cette attaque, qui a fait plus de 1400 morts, selon les Américains.

Reuters

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