L'école est mal adaptée pour communiquer avec les parents

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Mettre dans le sac d’école de l’élève des lettres provenant de la direction de l’école, écrire des notes dans le carnet de l’écolier en guise de message pour la maison: voilà des exemples de moyens inappropriés pour communiquer avec les parents qui n’aident pas à réduire le décrochage scolaire, surtout dans les milieux défavorisés, estiment des chercheurs.

Professeure en science de l’éducation à l’Université du Québec à Chicoutimi, et ancienne fonctionnaire au ministère de l’Éducation, Catherine Dumoulin remet en question les façons dont l’école et les enseignants communiquent avec les parents.

Elle vient de compléter la première étape d'une étude, essentiellement sur la communication avec les familles en milieux défavorisés. Les premiers résultats ont été présentés dans la Revue scientifique de l'Association Francophone international de recherche scientifique en éducation.dans un article intitulé Rapprocher l’école primaire et les familles par de nouvelles pratiques de communication.

Selon elle, l’école ne possède pas les outils et la bonne approche pour communiquer avec les parents, ce qui nuit à réduire et à enrayer, entre autres, le décrochage scolaire. «L’école fait et les parents subissent, a-t-elle constaté. Souvent, l’école et les enseignants oublient qu’il faut qu’ils travaillent ensemble avec les parents».

Une vaste étude

Entre 2006 et 2012, avec l’aide de trois autres chercheurs, la professeure a consulté et rassemblé 495 parents. Une première démarche qui a permis de poser différentes questions sur le rôle parental et celui de la communauté dans le parcours scolaire de l’élève.

Résultat: les parents qui ont été des décrocheurs ou qui ont éprouvé des difficultés à l’école sont souvent réfractaires à s’investir dans le parcours académique de leur enfant. «L’école et les enseignants utilisent une approche traditionnelle pour communiquer avec les parents, c’est-à-dire beaucoup de papiers. Mais un parent qui vivait une série d’échecs à l’école n’a peut-être pas envie de se rappeler ces années», pense la chercheuse.

L’incapacité à lire et à écrire correctement sont également des facteurs à considérer dans le cadre de la relation avec les parents de milieux défavorisés, réalise Catherine Dumoulin.

Développer une approche adaptée

Comme solution, les chercheurs estiment qu’il faut «former les enseignants sur la manière d’adapter la communication orale avec les parents d’élèves issus des milieux défavorisés», lit-on dans l'article scientifique sur l’étude.

«Téléphoner, par exemple, au parent est une meilleure approche. Mais, pour ça, il faut qu’un téléphone soit installé dans un lieu privé dans l’école, et non dans le local des enseignants où il y a habituellement beaucoup de bruits», décrit la chercheuse.

«Il y a une manière d’emmener les parents à l’école, pense-t-elle. L’école peut organiser, par exemple, un déjeuner collectif avec les élèves et les enseignants. De cette façon, les parents ne seront pas invités à venir à l’école uniquement pour entendre parler des résultats académiques de leur enfant», conclut-elle.

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