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La 25e édition de la Semaine de la mode de Montréal: 12 ans de mode québécoise

04/09/2013 11:24 EDT | Actualisé 04/09/2013 12:12 EDT
courtoisie

La Semaine de la mode de Montréal (SMM) célèbre ces jours-ci sa 25e édition. Lieu de diffusion des créations textiles, événement glamour, la SMM n'a cessé d'évoluer et de prendre de l'ampleur, tout en restant à l'affût des besoins de l'industrie.

À sa création en 2001, la Semaine de la mode de Montréal ne comptait que 10 défilés qui attiraient de 200 à 350 personnes chacun. À l'horaire, on retrouvait entre autres les Luc La Roche, Philippe Dubuc, Claudette Floyd, Christian Chenail, Yso, Denis Gagnon et Yves-Jean Lacasse. Une cinquantaine de journalistes couvraient l'événement qui se déroulait en grande partie à l'ancien Théâtre Telus, le Aria.

Pour Lynda Brault, organisatrice de la SMM de 2000 à 2002, le maître mot de cette première des premières était de se rassembler afin de donner une vitrine autrement absente aux designers. Le milieu de la mode était en effet effervescent, mais «fragmenté», les créateurs présentant leur collection chacun de leur côté. L'idée d'une Semaine de la mode, soit un lieu dédié aux artisans du textile, aux experts de l'aiguille, de la coupe et de la couture, séduisait le milieu. «C'était ce que les gens voulaient.»

Aujourd'hui, la programmation compte 20 à 25 défilés, auxquels assistent environ 750 à 1000 personnes, pour un total d'environ 20 000 visiteurs non uniques. Avec ses 100 acheteurs, ses 200 habilleurs et ses quelque 400 représentants des médias, le rendez-vous des créateurs comme des fashionistas a littéralement changé de taille.

«L'ambiance a toujours été teintée par la mode : colorée, exubérante. Ce qui a changé, c'est l'ampleur. Elle rassemble davantage», affirme Jean-François Daviau, coprésident du Groupe Sensation Mode qui produit l'événement depuis 2006. Après le Aria, le Cinéma Impérial et le Marché Bonsecours, c'est la galerie L'Arsenal qui accueille l'événement depuis 2011. Avec ses hauts plafonds et ses grands espaces, l'ancien bâtiment industriel permet maintenant aux défilés d'être de calibre international.

D'abord réservée aux acheteurs, aux médias et aux invités des designers, la Semaine de la mode de Montréal est accessible au grand public depuis 2010. Des raisons financières ont motivé cette décision, mais aussi la volonté de démocratiser la mode, d'en découdre avec les préjugés qui sont encore entretenus à son égard. «La perception des consommateurs est encore que la mode québécoise n'est pas accessible. Ça permet aux gens de se familiariser avec la Semaine de la mode», explique Jean-François Daviau, qui estime aussi que le travail des designers québécois est mieux connu et apprécié qu'autrefois.

Pour cette 25e édition, Sensation Mode a concocté une programmation diversifiée où on retrouve des créateurs établis comme Christian Chenail et Claudette Floyd, mais aussi des designers émergents comme Pedram Karimi et Caroline Constas. La SMM a d'ailleurs supprimé les coûts de participation de 1500$ que doivent défrayer les designers pour le maquillage et la coiffure. Une manière de souligner l'implication et le talent des créateurs, croit Jean-François Daviau, et leur importance culturelle.

La SMM en 2001.....et en 2013.

Christian Chenail, le créateur derrière la griffe MUSE, se souvient de la première SMM comme d'un moment où «tout le monde était là : Marie Saint-Pierre, Nadya Toto...». Le designer, dont la griffe existe depuis 1989, est d'ailleurs un assidu de l'événement. Chacune est pour lui un moment «essentiel» qui lui permet d'«amener son travail à son meilleur», d'avoir une grande visibilité. En 2013, la SMM est encore un événement où les créateurs se «retrouvent», où ils passent entre deux ou trois autres projets. C'est aussi un événement dont la dynamique a changé : le contexte économique est plus sombre...et il y a maintenant beaucoup de blogueurs, note-il.

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