DIVERTISSEMENT

L'expo World Press Photo 2013 s'arrête à Montréal en septembre

04/09/2013 05:37 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST
Paul Hansen

Les 150 photos les plus marquantes de l’année 2012 vous attendent au Marché Bonsecours de Montréal du 4 au 29 septembre, dans le cadre de la 56e édition de l’exposition internationale World Press Photo.

À l’entrée de l’exposition, on retrouve la photo de l’année, un cliché réalisé par Paul Hensen, qui a capté un groupe d’hommes en colère marchant dans une rue de Gaza, alors que deux d’entre eux tiennent dans leurs bras des enfants tués par les frappes ennemies.

Tout autour, des images racontant où en est rendu le Japon, un an après le tsunami qui a secoué le pays en 2011 : moments de recueillement, dévastation urbaine et campagnarde. Des scènes de violence au Honduras et au Salvador, qui comptent parmi les pays les plus violents de la planète. Un photoreportage d’un vieux couple d’Italiens, dont l’homme souffrant d’Alzheimer a été soigné par sa femme pendant des années. L’image d’un jeune enfant turc blessé à la tête qui attend d’être soigné. Un aperçu du conflit syrien : visages en pleurs, regards apeurés, un horizon illuminé par le feu des armes de guerre. La pauvreté d’une ville américaine au plus fort de la crise économique. Un soldat des Forces Armées Soudanaises gisant dans une flaque de pétrole, telle une momie en décomposition, victime d’un conflit qui a fait deux millions de morts.

Être attaché à des taureaux et faire la course

Si les organisateurs n’hésitent pas à montrer le côté sombre de l’humanité, ils laissent également place à des sujets de nature moins brutale. C’est ainsi que les visiteurs feront la rencontre d’un lion africain, d’un manchot de Magellan, d’un mandrill de Furchou, d’un groupe de pingouins Empereur, en plus de découvrir un macaque affublé d’une tête de poupée lors d’un numéro présenté devant public.

Les Jeux olympiques de Londres 2012 sont eux aussi à l’affiche avec des scènes d’explosion de joie et des photos prises au-dessus des athlètes, lors des épreuves de lutte, de basket-ball féminin, de badminton et de handball. On découvre également une scène pendant laquelle un homme participe à une course de taureaux, attelé pieds nus à deux bêtes, tentant de les suivre (et de survivre) en les tenant par la queue, nous laissant avec un questionnement naïf, mais bien réel : mais où pouvait donc se trouver le photographe pour capter ce moment de si près ?

Le vrai monde VS le cyberespace

Toutes les émotions suscitées par les photographies et les questionnements qui surgissent dans la tête des visiteurs démontrent selon les organisateurs à quel point les Montréalais sont avides d’affaires internationales et de photographies.

« À l’époque d’Instagram, Facebook, Twitter, Pinterest et autres réseaux sociaux, le succès du World Press Photo prouve que notre monde n’est pas en train de se dématérialiser et que nous ne vivons pas dans le cyberespace, a lancé Dennis Trudeau, porte-parole de l’événement, lors d’une rencontre avec les médias. Les images que nous avons choisies racontent une autre histoire. La vie est réellement vécue dans le vrai monde, dans les rues, les prisons et les camps de réfugiés, avec des moments de luttes et d’émotions chargés d’espoir et de désespoir. »

Selon le porte-parole, de telles expositions sont encore tout à fait pertinentes et nécessaires. « Même si on peut trouver les photographies de l’exposition facilement sur le web, je crois que les gens ont besoin d’un endroit physique pour être témoins de la condition humaine. » La représentante de l’organisation du World Press Photo, Noortje Gorter, ajoute que l’exposition sert non seulement à montrer la crème de la crème du photojournalisme et à inspirer de nouveaux talents, mais également à influencer les visiteurs. « Nous choisissons des photos qui font appel à notre tête, occupée à réfléchir à ce que nous voyons, à notre cœur, qui vit l’émotion transmise par la photo, et notre estomac, qui ressent l’envie de réagir et de faire quelque chose. »

AnthropoGraphia

Parmi les nombreuses activités connexes au World Press Photo, notons la 5e édition du concours international AnthropoGraphia, dont les 12 photoreportages et six projets multimédias sont consacrés aux droits de la personne. On y observe des photos sur la prolifération des viols dans l’armée américaine, alors que 26 000 soldates ont été agressées en 2012, lors de déploiements en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Des images de la « population flottante » en Chine, où plusieurs adultes quittent la campagne pour travailler en ville, laissant derrière eux personnes âgées et enfants, à qui ils envoient une partie de leur salaire. Des clichés sur le cycle de la destruction de l’industrie du tabac au Bangladesh. D’autres sur la clôture de la honte (béton et barbelés) entre l’Inde et le Bangladesh, où une personne est tuée chaque 5 jours. Des photos sur les affres de la polio, une maladie qui handicape ceux qu’elle ne tue pas, et qui s’étend de pays en pays, puisque plusieurs habitants voient les vaccins comme un complot occidental visant à leur transmettre le VIH. Ou encore des scènes du génocide culturel au Kosovo, là où plusieurs lieux sacrés sont attaqués, afin d’effacer les souvenirs de l’histoire serbe.

Les visiteurs ont également droit à l’exposition Regards d’Oxfam-Québec, composée des photos de la Montréalaise Émilie Régnier, qui s’est intéressée aux conséquences des changements climatiques et à la sécurité alimentaire au Burkina Faso. Certaines photos datent même de la fin août 2013, démontrant ainsi le désir de l’événement de suivre la transformation des médias en produisant du matériel frais et actuel.

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Quelques photos du World Press Photo 2013