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Des frappes en Syrie risquent d'aggraver l'instabilité, estime Ban Ki-moon

03/09/2013 01:55 EDT | Actualisé 03/11/2013 05:12 EST
AP
U.N. Secretary General Ban Ki-moon holds a news conference on Syria at the United Nations headquarters on Tuesday, Sept. 3, 2013. Ban warned that any "punitive" action taken against Syria for an alleged chemical weapons attack could unleash more turmoil. (AP Photo/Bebeto Matthews)

NATIONS UNIES, États-Unis - Le secrétaire général des Nations unies a prévenu mardi que toute action «punitive» lancée contre la Syrie après l'attaque chimique alléguée du mois d'août serait illégale sans l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU ou en l'absence d'une situation de légitime défense.

Les États-Unis et la France blâment le régime syrien pour l'attaque du 21 août et envisagent de lancer une intervention militaire. Une telle opération se déroulerait probablement sans l'aval du Conseil de sécurité, où la Russie et la Chine ont plusieurs fois utilisé leur droit de veto pour bloquer toute mesure punitive contre le gouvernement du président Bachar el-Assad. L'administration Obama fait valoir que l'attaque chimique ne peut rester impunie à cause de l'inaction du Conseil de sécurité.

«Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, le Conseil de sécurité est le principal responsable de la paix et de la sécurité internationales», a déclaré Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York. «Le recours à la force est légal seulement dans une situation de légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies, ou quand le Conseil de sécurité approuve une telle action», a-t-il poursuivi.

M. Ban a également prévenu que des frappes en Syrie pourraient provoquer encore plus d'instabilité et d'affrontements dans une crise qui a déjà fait plus de 100 000 morts.

«Je prends note de l'argument appelant à l'action pour empêcher une future utilisation d'armes chimiques. Dans le même temps, nous devons considérer l'impact de toute mesure punitive sur les efforts visant à éviter de nouvelles effusions de sang et à faciliter la résolution politique du conflit», a déclaré le secrétaire général.

M. Ban n'a blâmé aucun camp pour la présumée attaque chimique dans la région de Damas, mais il a affirmé que «si elle se confirme, toute utilisation d'armes chimiques par quiconque, peu importe les circonstances, serait une grave violation du droit international et un crime de guerre scandaleux».

«Peu importe d'où elle provient, cette récente allégation devrait être considérée comme un avertissement pour la communauté internationale», a estimé M. Ban.

Il a souligné que l'enquête en cours des experts en armes chimiques de l'ONU visait à «établir les faits de façon indépendante, de manière objective et impartiale».

Des responsables américains ont mis en doute la capacité des experts de l'ONU à enquêter de façon exhaustive sur l'attaque chimique alléguée, soulignant que leur mandat se limitait à déterminer si des armes chimiques ont été utilisées, et non à désigner des coupables.

M. Ban a indiqué que les échantillons biologiques récoltés par les inspecteurs arriveraient d'ici mercredi dans des laboratoires européens afin d'être analysés.

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