Sortie des « Chroniques d'une fille indigne » : Caroline Allard frappe encore

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FILLE INDIGNE
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Fillette aux remarques hilarantes, convaincue qu'elle a des « parents de base » et capable de dire à sa mère que c'était vraiment plate dans son ventre ou de lui avouer qu'elle aimerait la voir mourir avant son père pour voir ce que ça fait, avoir une belle-mère, Lalie est le nouveau personnage fétiche de Caroline Allard. L'auteure des « Chroniques d'une mère indigne » lance ces jours-ci la version « petite fille turbulente, mais ô combien attachante » de l'indignité, en version bande dessinée, grâce aux coups de crayon de Francis Desharnais.

Même si elle prenait un malin plaisir à noter les observations qui sortaient de la bouche de sa plus jeune, Emma, Caroline Allard croyait avoir tourné la page sur l'indignité pour de bon. « Il y a un an, si on m'avait demandé d'écrire de nouvelles histoires de «Mère indigne», j'aurais répondu que c'était de l'histoire ancienne. Mais quand j'ai commencé à partager sur Facebook certains mots d'enfants qui sortaient de l'ordinaire, j'ai réalisé que je continuais «Mère indigne» sans m'en rendre compte. J'ai donc repris mon blogue et j'écris chaque jour quelque chose de nouveau. »

Très vite, les remarques colorées et originales de sa cadette ont pris de plus en plus de place sur les réseaux sociaux. « Quand j'écris un statut à mon sujet, j'obtiens peut-être 10 J'AIME, alors que les phrases d'Emma peuvent en récolter 132 ! C'est quasiment plus son Facebook que le mien. Je ne partage pas tout ce qu'elle peut sortir, mais quand j'entends une phrase comme "Je ne sais pas encore contre qui je vais me marier", je trouve que c'est une façon tellement brillante de s'exprimer sur le mariage, que je dois la partager. Emma est une machine à blagues, sans s'en rendre compte. »

Les énormités d'une enfant mises en images

En constatant qu'il y avait matière à plaisanteries et à publication, l'éditeur de l'écrivaine chez Septentrion lui a proposé de rassembler les citations les plus fortes et d'en faire un livre. Même si à l'origine elle craignait que les mots d'enfants puissent être un peu secs en étant présentés sans ambages, Allard a choisi d'embarquer dans l'aventure lorsque l'idée d'un livre illustré lui a été proposée.

Un peu plus tard, l'auteure a également décidé de nommer son personnage Lalie, puisque sa petite Emma n'est pas l'unique responsable de la drôlerie qui remplit les pages du carnet. « Environ 90 % des situations sont inspirées d'Emma, mais plusieurs autres viennent de ma grande ado et de mes nièces. Je voulais aussi garder ça fictif, étant donné qu'on a changé quelques fois le contexte pour rendre ça plus drôle. Ce n'est pas du copier-coller de ce qu'elles ont dit. »

Laissant à d'autres le soin de publier des mots d'enfants polis et jolis, Caroline Allard n'a pas hésité à laisser toute la place à la bizarrerie des enfants, leurs observations surprenantes, leur humour quelquefois douteux et leurs propos grinçants. Une série de situations loufoques mises en images par l'illustrateur Francis Desharnais, à qui l'on doit entre autres la série « Burquette » (Les 400 coups). « Mon éditeur m'a suggéré de travailler avec Francis et j'aimais beaucoup ce qu'il faisait. On a fait des tests et ça a tout de suite fonctionné. Il comprenait très bien le personnage et ses illustrations ajoutaient une autre dimension à la scénarisation de mes histoires. J'ai l'impression que ses images ont ajouté du rythme à mes mots. Il a fait un travail exceptionnel ! »

Le retour de Mère indigne

Continuant d'accumuler les folles observations de sa plus jeune, qui vient tout juste d'avoir huit ans, Caroline Allard rêve d'un tome 2 à «Fille indigne», en plus d'imaginer un possible retour de «Mère indigne». « Cette fois-ci, Mère indigne pourrait revenir sous forme d'un guide pour vivre avec un adolescent, plutôt que sur des situations quotidiennes familiales. Mes enfants grandissent et je ne veux pas qu'ils sentent leur vie étalée sur la place publique. Aussi, je dois dire qu'au cours des dernières années, j'ai trouvé ça difficile d'être toujours dans un mode "espion parmi les siens". À force de les observer de mon point de vue d'auteure, j'étais toujours un peu "hors" de la famille. Quand j'ai arrêté le blogue en 2010, c'était en partie pour revenir à une relation plus "premier degré" avec ma vie de famille. »

Au cours des dernières années, l'auteure a d'ailleurs multiplié les projets d'écriture : le délirant livre illustré « Pour en finir avec le sexe » (Septentrion), une nouvelle dans le recueil collectif « Cherchez la femme » (Québec Amérique), une collaboration au magazine Nouveau Projet, ainsi que le roman « Universel Coiffure » (Coups de tête).

En plus de faire la promotion des « Chroniques d'une fille indigne », l'écrivaine a deux autres nouveautés qui sortent en librairies au cours du mois de septembre : le collectif « Miroirs » (VLP) et le livre « Histoires de filles » (Éditions Goélettes), écrit aux côtés de Nadia Lakhdari King et Catherine Girard-Audet. Des projets de bande dessinée et de scénario de film figurent au programme des prochains mois.

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