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Collusion à Gatineau: le maire Marc Bureau « surpris » et « choqué »

03/09/2013 02:17 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

Le maire de Gatineau, Marc Bureau, a réagi avec surprise et déception au témoignage du directeur général pour l'Outaouais d'AECOM à la commission Charbonneau. Selon Marc-André Gélinas, plusieurs firmes de génies ont participé à un système de collusion de 2003 jusqu'au début de 2009.

« Tout système de collusion est inacceptable. Je déplore sincèrement que ce genre de système ait été implanté ici. Ce type de pratique va à l'encontre de toutes les valeurs de l'administration municipale », a déclaré le maire en fin d'après-midi mardi.

Le maire a tenu à rappeler que M. Gélinas a soutenu que les élus et les fonctionnaires municipaux de Gatineau n'étaient pas au courant de cette pratique, que les ingénieurs de la Ville étaient compétents et que le système était indétectable.

Le maire a assuré qu'il n'y avait pas de corruption à Gatineau. « Il y a de la collusion. C'est plus difficile à détecter. Mais je crois que c'est un dossier qu'il faudra travailler beaucoup avec l'Union [des municipalités du Québec] pour améliorer nos pratiques », a soutenu M. Bureau.

Pour éviter toute collusion, le maire a également rappelé que les fonctionnaires municipaux ont suivi une formation avec le Bureau de la concurrence pour éviter la collusion. De plus, la municipalité embauchera d'ici quelques semaines une personne dont le mandat sera de passer l'ensemble des contrats de la Ville au peigne fin.

De plus, les élus et les fonctionnaires doivent se plier à un code d'éthique qui leur interdit d'accepter des cadeaux.

Enfin, Marc Bureau estime que la collusion n'a pas fait gonfler les prix des contrats municipaux sauf « peut-être quelques contrats ». « On octroie les contrats publiquement, souvent en bas du prix dans les dernières années », a-t-il précisé.

Réaction d'Action Gatineau

De son côté, le candidat à la mairie de Gatineau et chef d'Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, croit que la Ville de Gatineau devrait plus que jamais se doter de normes plus strictes en matière de transparence et de gouvernance.

« Ça fait des mois que nous, on dit ça. Quand on a vu la profondeur du système à Laval, à Montréal, disons que c'était un indice assez important que ça pouvait se produire chez nous. Il y a à peu près un an, les médias ont dit que 80 % des contrats de génie étaient allés aux quatre mêmes firmes. C'est un autre indice », a déclaré M. Pedneaud-Jobin.

Le chef d'Action Gatineau a dévoilé dans un communiqué ce que son équipe envisage comme mesures afin de lutter contre la collusion et prévenir la corruption, si le parti sortait vainqueur des prochaines élections municipales.

M. Pedneaud-Jobin estime par exemple qu'il serait opportun de morceler certains contrats afin que de plus petits entrepreneurs soient en mesure de proposer leurs services.

Il suggère aussi de revoir l'organigramme de la Ville afin d'éliminer les situations où des fonctionnaires traitent seuls certaines étapes de l'attribution de contrats.

« Les Villes doivent regarder leurs organigrammes, justement, pour protéger leurs fonctionnaires. S'il y a un fonctionnaire qui au moment de l'attribution des contrats est le seul responsable d'une étape, il est à risque », estime M. Pedneaud-Jobin.

Un autre candidat à la mairie réagit

Pour sa part, le candidat à la mairie, Jacques Lemay, est persuadé que la collusion à Gatineau a fait augmenter le prix des contrats alloués par la Ville. « Ça sera à enquêter, mais c'est clair qu'on a payé plus cher », lance-t-il.

De plus, tout en soutenant n'avoir jamais douté des administrateurs municipaux, il estime que « le maire est un peu imputable. C'est sa job. Il avait juste à s'adjoindre les personnes nécessaires pour y arriver. »

Selon M. Lemay, la Ville aurait dû « réagir rapidement » aussitôt que la commission Charbonneau a fait part de son intention de regarder les contrats accordés à Gatineau.

Il rappelle avoir proposé la semaine dernière de nouvelles mesures pour garantir l'intégrité et l'honnêteté des élus et éviter qu'une entreprise ayant participé à de la collusion puisse à nouveau soumissionner pour des contrats municipaux.

Par ailleurs, à Ottawa, le maire Jim Watson s'est montré rassurant au sujet de l'allocation de contrats par la Ville.

« Nous avons des plans en place pour vérifier les contrats, une compétition ouverte et aussi un vérificateur général qui est capable de donner des commentaires sur des contrats. Alors, j'ai beaucoup confiance dans notre personnel et le système qu'on a à la Ville d'Ottawa », a-t-il tenu à préciser.