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Les 12 ans de Jacques Rogge

03/09/2013 02:52 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

Le 10 septembre, après 12 ans de service, Jacques Rogge quittera la présidence du Comité international olympique (CIO).

Ancien chirurgien orthopédiste, skipper et joueur de rugby, le Belge a supervisé trois Jeux d'été et autant de Jeux d'hiver en plus d'avoir créé les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ).

Au cours d'un entretien avec l'Associated Press, Rogge est revenu sur ses années à la tête du CIO. En voici des extraits.

Q. Quel a été le point culminant de votre présidence?

R. Il n'y a pas qu'une seule chose. Tout est interconnecté. Je dirais que je suis très heureux de la qualité des Jeux d'été et d'hiver qui ont eu lieu pendant mon mandat. Je suis très heureux du succès qu'ont eu les Jeux olympiques de la jeunesse. Je pense qu'on a défendu nos valeurs en luttant contre le dopage et en appuyant l'AMA. Nous avons combattu le pari illégal. Et je pense que nous pouvons être rassurés par notre stabilité financière.

Q. Est-ce qu'il y a un souvenir qui vous est particulièrement précieux?

R. Il y en a plus d'un. Il y a Usain Bolt (athlétisme). Il y a Michael Phelps (natation). Il y a Matthew Pinsent (aviron) et beaucoup d'autres qui ont vraiment été extraordinaires.

Q. Un moment difficile?

R. Du côté sombre, bien sûr, il y a Nodar Kumaritashvili (lugeur géorgien victime d'une sortie de piste mortelle), que je n'oublierai jamais. [...] Nous avons dû rapidement mettre des mesures en place. C'était tout juste avant l'ouverture des Jeux. Nous avons pris contact avec la famille de l'athlète, avec le Comité national olympique, avec le président de la Géorgie. Nous avons pris des dispositions pour les funérailles. Nous avons adopté des mesures techniques avec la fédération. La hauteur de l'aire de départ a été diminuée, et il y a eu une inspection de la piste pour vérifier si d'autres problèmes pouvaient survenir. Tout ça a dû être fait en une heure, une heure et demie, dans un état d'esprit très sombre.

Q. Comment décririez-vous votre héritage?

R. J'espère qu'avec le temps les gens vont considérer que j'ai fait du bon travail.

Q. Vous laissez à votre successeur des défis considérables pour Sotchi et Rio.

R. Nous travaillons avec les deux organisations et tous les problèmes potentiels ont été abordés. [...] Je pense que Sotchi sera absolument bien parce que les Russes adorent le sport, qu'ils connaissent le sport, et qu'il n'y a aucune limite à leur désir de bien exceller. Quant à Rio, je suis certain, convaincu que ce seront aussi de très bons Jeux. Nous allons y profiter de l'expérience acquise pendant la Coupe du monde de FIFA (2014).

Q. Est-ce qu'il est devenu trop coûteux pour les villes d'accueillir les Olympiques?

R. Je pense que nous avons pris les mesures nécessaires en réduisant le nombre d'athlètes et le nombre de sports. [...] D'un autre côté, nous devons aider les villes hôtes en abaissant les exigences et le niveau des services. Je demeure optimiste parce que, pour une ville, organiser les Jeux est une situation avantageuse à tous points de vue. Si elles sont ingénieuses et constituent un patrimoine durable, les Jeux leur laisseront un héritage important.

Q. Est-ce qu'il y aura bientôt des Olympiques en Afrique?

R. Je l'espère. [...] Je pense que l'Afrique devrait normalement être prête à organiser des Jeux à moyen terme.

Q. Quels sont vos projets pour votre retraite?

R. Je vais passer beaucoup plus de temps avec ma famille. Je suis un homme de famille. Je vais pouvoir pratiquer plus de sports qu'en ce moment. [...] J'ai une pile de livres et de DVD de cinq mètres de haut. Mon épouse et moi partageons aussi une passion pour l'art contemporain. Nous visitons des galeries, des expositions et des foires artistiques. Je vais être membre du conseil d'administration de quelques organismes caritatifs et à vocation sociale. Je vais m'occuper du développement sportif de mes petits-enfants.

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