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Maladie de Lyme : les médecins appelés à plus de vigilance

02/09/2013 05:15 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

Les autorités de la santé publique appellent les professionnels de la santé à être plus attentifs aux cas de maladie de Lyme, qui sont de plus en plus nombreux à mesure que le principal vecteur de la maladie - la tique - se propage au Canada.

Un texte de Jean-Francois Bouthillette

Dans un récent « appel à la vigilance », la Direction de la santé publique de Montréal demande aux médecins du réseau de considérer ce scénario lorsqu'un patient présente certains symptômes après avoir fait des activités en plein air dans les régions où la tique est présente.

Parmi ces symptômes, on souligne une éruption cutanée qui s'étend progressivement à partir du site de la morsure, de la fièvre, des douleurs diffuses, des maux de tête ou de la fatigue.

« On veut sensibiliser les médecins à suspecter la maladie, et leur offrir des consignes pour la diagnostiquer, la traiter et faire le suivi », explique la Dre Terry-Nan Tannenbaum, responsable du secteur Vigie et protection à la Direction de la santé publique de Montréal.

L'enjeu, ce sont les complications graves, qui sont directement liées à la rapidité de réaction. « Parce que c'est une maladie qu'on peut traiter, explique la Dre Tannenbaum, et l'efficacité du traitement est bien meilleure si on agit rapidement. »

Un simple traitement antibiotique permet d'éviter les séquelles permanentes que la maladie de Lyme peut laisser : des problèmes rhumatoïdes, cardiaques ou neurologiques graves.

Les experts souhaitent aussi que les Canadiens prennent l'habitude de s'inspecter après une promenade en forêt ou dans les hautes herbes, dans les régions où la tique est présente.

Si on retire une tique de sur sa peau dans les 24 heures suivant une piqûre, le risque d'infection est pratiquement nul. 

Les zones à risque s'étendent vers le nord

L'infection est causée par une bactérie, Borrelia burgdorferi, transmise à l'humain par la tique du chevreuil ou du cerf. Absent du Canada il y a 20 ans, le petit acarien y a pénétré à dos de rongeurs, de cervidés et d'oiseaux migrateurs, en provenance du nord-est américain.

Il s'installe toujours plus loin au nord, inexorablement, le réchauffement climatique aidant. À l'aide de modèles prédictifs et de vérifications faites sur le terrain, les experts ont déterminé que la tique étendait son territoire vers le nord à une vitesse approximative de 46 km par année.

L'Agence de la santé publique du Canada, qui travaille avec les gouvernements provinciaux afin de sensibiliser les médecins, suit sa progression de près.

« Il y a certains endroits où le risque [d'être infecté] est déjà aussi grand qu'aux États-Unis », affirme le Dr Nick Odgen, spécialiste des maladies zoonotiques à l'Agence de la santé publique du Canada. « Le nombre de ces sites est en augmentation », ajoute-t-il.

80 % de la population exposée en 2020

Un Canadien sur 10, à l'est des Prairies, cohabite de près avec la tique. Au rythme où vont les choses, ce sera le cas pour 8 personnes sur 10 d'ici sept ans.

La bactérie causant la maladie de Lyme progresse avec elle, mais avec un certain retard. Elle ne devient prévalente au sein des nouvelles colonies de tiques que quelques années après leur installation dans une région.

La maladie de Lyme, à déclaration obligatoire, progresse néanmoins. Le nombre de nouveaux cas recensés au Canada a doublé, entre 2009 et 2011, passant de 128 à 258.

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