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Grand Vancouver : vols de médicaments sous une fausse identité

02/09/2013 04:41 EDT | Actualisé 01/11/2013 05:12 EDT

Une toxicomane aurait obtenu 23 000 comprimés de médicaments d'ordonnance pendant cinq ans, soit plus de 200 mg par jour, en utilisant l'identité de deux sœurs vivant en Colombie-Britannique.

Les ordonnances ont été rédigées par des médecins et pharmaciens du Grand Vancouver qui pensaient que les prescriptions, dont l'oxycodone, un analgésique, étaient destinées à Lisa et Sandra Adamson.

Le subterfuge a duré de janvier 2007 à janvier 2013, selon une enquête du réseau anglais de Radio-Canada.

Les pilules ont été données dans de nombreuses pharmacies du Lower Mainland, dont celles des magasins London Drugs, Walmart et Shoppers Drug Mart.

Dans le cas des soeurs Adamson, les comprimés ont été prescrits pour des douleurs au dos, au cou, des courbatures ou des douleurs musculaires.

« Je veux que les médecins et les pharmaciens soient tenus responsables », estime Sandra Adamson. « Ils ne se rendent jamais compte de la dépendance de quelqu'un? »

« On voit comme il est si simple d'utiliser l'identité de quelqu'un pour obtenir n'importe quel médicament », ajoute Lisa Adamson, une signaleuse de la construction qui habite à Burnaby.

Pièce d'identité non exigée

Selon les relevés des sœurs, les professionnels de la santé ont rédigé 260 ordonnances et donné une moyenne de 90 pilules à la toxicomane à chacun de ses passages en pharmacie.

La valeur du vol est estimée à 30 000 $. Les deux femmes obtenaient leurs prescriptions par l'intermédiaire du régime Fair Pharmacare qui subventionne les médicaments de résidents à bas revenus en Colombie-Britannique.

Un médecin de North Vancouver, Michael Davidson, qui a rédigé des ordonnances pour 2400 comprimés en pensant qu'il s'agissait de Lisa Adamson, estime que les toxicomanes « peuvent facilement nous tromper avec leurs techniques ».

D'autant plus, dit-il, que la clinique dans laquelle il travaillait d'avril 2010 à août 2011 est très occupée, ce qui ne lui donnait pas le temps de bien aider les toxicomanes qui s'y rendaient.

« On a juste besoin d'un numéro de régime d'assurance maladie, une date de naissance, un nom et un numéro de santé actif », ajoute-t-il. « On ne connaît vraiment personne. »

Enquêtes

Une porte-parole du Collège des médecins et des chirurgiens de la province, Susan Prins, précise que « ce genre d'activité criminelle est omniprésente », en particulier dans les cliniques sans rendez-vous.

Le magasin Shoppers Drug Mart assure avoir lancé une enquête interne pour comprendre comment ces ordonnances ont pu être rédigées dans ses magasins.

Selon une porte-parole, Tammy Smitham, le magasin entend s'assurer qu'une pièce d'identité est demandée lorsqu'un client se présente pour la première fois au comptoir d'une de ses pharmacies.

« À première vue, il semble que dans de nombreux cas les pharmaciens ont d'abord contacté les médecins qui ont prescrit les médicaments et qu'ils ont obtenu le feu vert de leur part », ajoute-t-elle.

Pour sa part, le Collège des pharmaciens mènera une « enquête approfondie », dont une partie sera fondée sur les informations que CBC lui a fournies, selon la greffière adjointe Suzanne Solven.

La suspecte

La suspecte dans l'affaire des soeurs Adamson a été découverte par chance lorsqu'une femme a été enregistrée sur une vidéo en train de voler 208 comprimés d'oxycodone l'automne dernier dans un Shoppers Drug Mart à Port Moody.

Sandra Adamson, alertée par la police, a rapidement reconnu une ancienne amie, Audrey Gettings, avec qui elle n'avait pas eu de lien depuis plusieurs années.

La police a depuis lancé un mandat d'arrêt à l'encontre de Mme Gettings, qui est recherchée pour vol et usurpation de nom.

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