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Éducation française : rentrée sous le signe de la lutte en C.-B.

02/09/2013 12:24 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

La rentrée sera bien particulière mardi pour près de 5000 élèves de 37 écoles francophones de Colombie-Britannique. Dans quelques semaines, le Conseil scolaire francophone (CSF) affrontera le gouvernement provincial en cour pour le début d'une des plus grandes poursuites judiciaires au pays en matière d'éducation.

Après de multiples rebondissements, la poursuite du CSF et de la Fédération des parents francophones sera entendue le 7 octobre en Cour suprême de Colombie-Britannique.

L'action judiciaire massive concerne 15 écoles dans la province et met en jeu des dizaines de millions de dollars.

« Les problèmes en Colombie-Britannique en ce moment sont graves », expose l'avocat des plaignants, Mark Powers.

Classes portatives et gymnase gonflable

Une bonne partie des 37 écoles francophones ne serait pas adaptée aux besoins grandissants.

Par exemple, l'École Rose-des-Vents compte 350 élèves alors qu'elle n'a que 200 places. On n'y compte plus les classes portatives et l'école loue des locaux dans le sous-sol d'une église voisine. Elle a même dû installer un gymnase gonflable temporaire.

L'objectif de la poursuite du CSF est de prouver que la province ne remplit pas ses obligations constitutionnelles, en démontrant que les écoles francophones sont désavantagées par rapport aux écoles de la majorité. Ce désavantage conduirait des parents à quitter le système.

« La majorité des francophones à l'ouest de Vancouver, à cause du manque d'édifice au début et du manque de ressources, ont choisi de mettre leurs enfants en immersion », témoigne Patricia Aroca-Ouellette, mère d'une enfant qui fréquente l'École Rose-des-Vents.

La cause Arsenault à l'Î.-P.-É. n'a rien réglé

Pour contrer l'exode du système francophone et le risque d'assimilation, beaucoup de parents francophones en milieu minoritaire vont devant les tribunaux, ce qui a déjà entraîné des dizaines de poursuites judiciaires au pays.

Une des plus importantes victoires est celle de Noella Arsenault à l'Île-du-Prince-Édouard. Après plus de 10 ans de démêlés judiciaires, elle a obtenu en Cour suprême du Canada la construction d'une école dans sa région de Summerside.

Sa victoire devait servir à tous les francophones au pays. « On pensait que c'était fini, que tout le monde allait pouvoir partager ce qu'on avait eu, on pensait qu'à travers le pays, il n'y serait plus jamais question de ne pas pouvoir avoir d'écoles francophones dans des régions ou le nombre le permet », se souvient Mme Arsenault.

Toutefois, l'histoire se répète, constate le spécialiste en droits linguistiques de Moncton Michel Doucet.

Le gouvernement britanno-colombien n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada.

D'après un reportage de Benoît Ferradini

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