NOUVELLES

Alexey Navalny, un candidat téméraire à la mairie de Moscou

02/09/2013 04:55 EDT | Actualisé 01/11/2013 05:12 EDT

Dans moins d'une semaine, les citoyens de Moscou se rendront aux urnes pour se choisir un maire, dans le cadre d'une élection marquant une relative avancée démocratique en Russie puisque depuis 10 ans, les maires et gouverneurs étaient nommés par le président du pays.

Il s'agit toutefois d'un progrès relatif, car le principal candidat de l'opposition, le blogueur vedette Alexey Navalny, rencontre bien des obstacles. 

Après avoir déposé sa candidature à la mairie de Moscou, il a aussitôt été arrêté par la police, embarqué manu militari, puis relâché quelques minutes plus tard.

« Quand les gens viennent, parlent et n'ont pas peur et tiennent leur bout, le pouvoir recule », a déclaré le candidat Alexey Navalny à ses partisans après avoir été relâché.

À la tête de manifestations monstres qui ont ébranlé le pouvoir russe l'an dernier, il est devenu au cours des dernières années le plus farouche opposant à Vladimir Poutine. L'ennemi du Kremlin, l'homme à abattre.

Constamment harcelé par la police, il a été condamné en juillet dernier à cinq ans de prison pour fraude dans un procès qu'il décrit comme une machination politique.

Déterminé

Relâché en attendant son procès en appel, il présente sa candidature à la mairie de Moscou. Et mène campagne tambour battant, aidé par une armée de jeunes partisans, bravant les intimidations et les nombreuses arrestations.

Face à lui, le maire sortant, Sergueï Sobianine, ne fait même pas campagne et refuse tout débat ou entrevue. Ami de Vladimir Poutine, il a l'appui du Kremlin, ce qui suffit pour lui assurer la victoire.

« Les gens ici ne réfléchissent pas comme des électeurs, ils se comportent comme des sujets dont le rôle est d'exprimer son appui au Tsar ou à son protégé », décrypte la journaliste et analyste politique Ioulia Latinina.

Selon les sondages, le maire sortant devrait être réélu assez facilement dès le premier tour. Mais Navalny a créé la surprise. Parti de rien, il pourrait récolter jusqu'à 18 % des voix, ce qui serait déjà en soi une victoire morale de celles qui donnent envie de continuer. 

Alexey Navalny ne s'en cache pas. Son but réel, c'est l'élection présidentielle dans cinq ans, où il entend bien battre Vladimir Poutine. Un objectif ambitieux; une longue route remplie d'obstacle.

Mais le premier défi pour l'opposant est d'éviter d'être envoyé en prison.

D'après le reportage de notre correspondant à Moscou Jean-François Bélanger

PLUS:rc