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Accusations d'espionnage : le Brésil et le Mexique exigent des explications

02/09/2013 09:52 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

Brasilia et Mexico exigent des États-Unis des explications à la suite de révélations faisant état de l'espionnage des communications de leurs chefs d'État.

Les ambassadeurs américains ont été convoqués par les ministères des Affaires étrangères du Brésil et du Mexique.

L'ambassadeur au Brésil, Thomas Shannon, a été sommé de s'expliquer sur cette « atteinte » potentielle à la souveraineté du Brésil.

« Le gouvernement brésilien [veut] de rapides explications officielles par écrit [...] le plus tôt possible, cette semaine », de la part de l'administration américaine, a déclaré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Luiz Alberto Figueiredo.

Pour le ministre, si l'interception de communications de la présidente Dilma Rousseff se confirme, elle constitue « une violation inadmissible et inacceptable de la souveraineté brésilienne ».

De son côté, le ministère mexicain des Affaires étrangères a également annoncé lundi dans un communiqué avoir convoqué l'ambassadeur des États-Unis à Mexico et adressé un télégramme diplomatique à Washington « exigeant une enquête exhaustive » sur ces allégations d'espionnage.

« Sans préjuger de la véracité de ces informations [...] le gouvernement du Mexique rejette et condamne fermement tout espionnage de citoyens mexicains », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans son communiqué.

L'ombre d'Edward Snowden

La chaîne Globo TV a divulgué dimanche soir des documents selon lesquels les États-Unis ont espionné les communications de la présidente brésilienne fin 2012 et de l'actuel président du Mexique, Enrique Peña Nieto, alors qu'il était candidat à la présidence.

C'est le journaliste du Guardian Glenn Greenwald, installé au Brésil, qui a divulgué à la chaîne Globo TV un document détenu par l'ex-informaticien du renseignement américain Edward Snowden.

Ce dernier est inculpé d'espionnage aux États-Unis pour avoir révélé l'ampleur de la surveillance électronique américaine dans le monde et est réfugié à présent en Russie.

Le document daté de juin 2012 de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) indique que l'agence cherchait notamment à avoir « une meilleure compréhension des méthodes de communication et des interlocuteurs » de Mme Rousseff et de ses collaborateurs grâce à un programme qui permet d'accéder à tous les contenus visités par la présidente sur Internet.

Un précédent

Ce scandale présumé survient deux mois après que le Brésil eut demandé des explications à Washington sur des révélations du quotidien O Globo indiquant que le Brésil avait fait partie d'un réseau de 16 bases d'espionnage des services secrets américains.

L'affaire avait été évoquée en août lors de la visite au Brésil du secrétaire américain John Kerry, mais Brasilia avait jugé ses explications « non satisfaisantes ».

Le gouvernement du Brésil avait annoncé qu'il pourrait porter l'affaire devant des organismes internationaux.

Le ministre brésilien de la Justice a déploré que Washington ait refusé une proposition brésilienne de négocier un accord bilatéral relatif aux activités d'espionnage.

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