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Les inspecteurs de l'ONU ont quitté la Syrie

31/08/2013 02:18 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

Les experts en armes chimiques de l'ONU ont quitté Damas samedi matin, alors que les États-Unis se montrent déterminés à frapper le régime accusé d'avoir tué des centaines de personnes dans une attaque chimique.

L'avion à bord duquel se trouvent les inspecteurs repartis de Syrie a atterri samedi après-midi à Rotterdam aux Pays-Bas. Les inspecteurs avaient quitté Damas tôt en journée, et transité par Beyrouth, au Liban. L'équipe a collecté des échantillons et réuni des témoignages sur les sites de l'attaque chimique présumée du 21 août dernier, dans des banlieues de la capitale syrienne.

Les analyses de ces échantillons pourraient prendre jusqu'à deux semaines, a indiqué le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d'une réunion à huis clos avec les membres permanents du Conseil de sécurité.

De sources onusiennes, on estime que les conclusions des experts seront importantes parce qu'elles seront considérées comme irréfutables, contrairement aux données recueillies par des services de renseignement. Les enquêteurs de l'ONU ont pour seul mandat de déterminer si des armes chimiques ont bien été employées en Syrie, et non pas de déterminer qui les a utilisées.

Samedi après-midi le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky, a déclaré que les experts de l'ONU ne tireront « aucune conclusion » sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie avant le résultat d'analyses en laboratoire actuellement en cours. Il a par ailleurs affirmé que « l'équipe était exceptionnellement bien placée pour établir les faits de manière impartiale et crédible ».

Par ailleurs, les Nations unies ont souligné samedi qu'elles poursuivaient leurs opérations humanitaires en Syrie, malgré les menaces de frappes américaines
contre le régime syrien.

Obama prêt à agir, mais veut le feu vert du Congrès

Dans une allocution devant la Maison-Blanche, samedi après-midi, le président américain Barack Obama a indiqué qu'il était prêt à donner l'autorisation d'intervenir militairement en Syrie, mais veut d'abord que le Congrès se prononce.

La possibilité d'une frappe imminente est donc écartée, car les élus américains reprendront leurs travaux le 9 septembre. 

De leur côté, le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, ont tenu une conférence téléphonique samedi après-midi avec des sénateurs démocrates et républicains, pour discuter d'une intervention en Syrie.

Vendredi, John Kerry, qui a présenté une série de preuves censées démontrer que les forces d'Assad sont derrière l'attaque du 21 août, a souligné que les États-Unis n'attendaient des inspecteurs de l'ONU rien qu'ils ne sachent déjà. Il a aussi assuré que les États-Unis n'étaient pas seuls dans leur intention d'intervenir et comptent notamment sur l'appui de la France, de l'Australie et de la Ligue arabe.

De leur côté, les ministres arabes des Affaires étrangères ont annoncé qu'ils se réuniront dimanche au Caire, pour aborder la question syrienne. 

Mise en garde de la Russie

Samedi, le président russe Vladimir Poutine a demandé aux États-Unis de fournir la preuve que le régime syrien avait utilisé des armes chimiques. « S'ils ne le font pas, cela veut dire qu'il n'y en a pas », a-t-il ajouté. 

Le président Poutine estime que Barack Obama doit se demander si des frappes en Syrie, qui pourraient faire plusieurs victimes civiles, mettraient fin à la violence dans ce pays. Il lui rappelle que les interventions américaines en Irak et en Afghanistan n'ont pas donné les résultats escomptés. Poutine a ajouté qu'une attaque américaine en Syrie serait « extrêmement décevante ». 

Il s'agit des premiers commentaires du président russe depuis les allégations d'attaques présumées à l'arme chimique contre des civils en Syrie.

Par ailleurs, la Syrie a dit s'attendre à une frappe occidentale contre son territoire « à tout moment », a affirmé samedi à l'AFP un haut responsable des services syriens de sécurité. « Nous nous attendons à une agression à tout moment et nous sommes prêts à riposter également à tout moment », a souligné ce responsable.

Éviter le Liban

Plusieurs pays ont conseillé à leurs ressortissants d'éviter de se rendre au Liban en raison des tensions croissantes au Proche-Orient et de la possibilité de frappes militaires américaines en Syrie, le pays voisin. La Grande-Bretagne et la France ont par ailleurs appelé leurs ressortissants à quitter immédiatement le Liban. 

Quelque 14 000 personnes, principalement des Européens, ont quitté ce pays pour la seule journée de jeudi, apprend-on d'une source au sein des services de sécurité.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

Un autre navire de guerre

Par ailleurs, un sixième bâtiment de la Marine américaine se trouve désormais dans le secteur oriental de la mer Méditerranée, non loin de la côte syrienne, où croisent cinq destroyers des forces navales américaines.

L'USS San Antonio, un navire amphibie avec plusieurs centaines de « marines » à son bord, était dans la région pour des raisons sans rapport avec la Syrie et il n'existe aucun projet de débarquement des « marines », insiste-t-on de même source.

« On l'a maintenu dans la zone à titre de précaution », explique un responsable.

Le San Antonio, qui a franchi jeudi le canal de Suez en provenance de la mer Rouge. Les cinq destroyers actuellement en Méditerranée sont dotés au total de quelque 200 missiles Tomahawk, selon des responsables de la Défense.

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