POLITIQUE

Peu de choses ont changé en politique municipale, selon Lino Zambito

30/08/2013 07:53 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT
CP

Des candidats aux élections municipales de novembre prochain ont toujours recours aux firmes d'avocats et d'ingénieurs pour leur financement, selon Lino Zambito.

Un an après son témoignage qui a donné le coup d'envoi à la commission Charbonneau, Lino Zambito soutient que bien peu de choses ont changé dans les villes de la couronne de Montréal.

« Il y a des candidats qui se présentent à la mairie de certaines villes que je sais qu'ils ont été financés par des bureaux d'ingénieurs, par des partis politiques et qu'on les retrouve encore candidats dans ces villes-là. », soutient M. Zambito. Il cite notamment le cas de Boisbriand. « J'ai œuvré à Boisbriand et le parti politique en place dans le moment - Mme [Marlene] Cordato - faisait partie de l'équipe Sylvie Saint-Jean en 2005 », explique-t-il.

« Il y a plusieurs villes sur la couronne nord [où] on a changé le maire en place, mais l'équipe est encore là, poursuit-il. On maquille un peu et on pense qu'on va passer les élections et que tout va être beau le lendemain. »

M. Zambito croit que les citoyens verront une différence à Montréal et à Laval, où le ménage a été fait publiquement. « Mais, pour les villes de la couronne nord et la couronne sud, je suis un peu sceptique quant au changement et au renouveau qui va se faire. »

M. Zambito déplore que la commission Charbonneau ait à peine effleuré la culture politique des municipalités des couronnes nord et sud de Montréal. Il en va de même pour les liens entre le crime organisé et les syndicats, qui n'ont toujours pas été scrutés par la commission.

Il estime que le ménage a été bien fait à Montréal et Laval, mais il croit que le choix de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour superviser l'industrie est une erreur. Il croit que l'AMF a hérité du mandat de la vérification des entreprises, mais qu'elle n'a pas les compétences pour le faire. « Des entreprises qu'elle a autorisées se sont retrouvées devant la commission... »

« Je suis fier de mon témoignage », confie M. Zambito, tout en convenant que certains l'ont jugé sévèrement. Forcé de témoigner en raison de l'émission d'une citation à comparaître (subpoena) à son endroit, M. Zambito raconte qu'il a décidé de raconter ce qu'il savait pour tenter de changer le milieu de la construction, qu'il estimait « malade ».

Son témoignage lui a toutefois valu l'acharnement de la Ville de Montréal, croit-il. La Ville continue de le poursuivre malgré sa faillite personnelle. Mais il ne regrette rien : « Si c'était à recommencer demain matin je ferais la même chose ».