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Arrêter de boire : il n'y a pas que la volonté

30/08/2013 11:05 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

La motivation au sevrage de l'alcool n'est pas qu'une question de volonté. Des chercheurs français de l'Université de Caen Basse-Normandie ont découvert qu'une atrophie cérébrale jouerait un rôle dans le manque de motivation à cesser l'alcool observé chez certains dépendants.

La chercheuse Hélène Beaunieux et ses collègues expliquent que cette nouvelle connaissance atteste d'un trouble cognitif et non d'un simple déni. Cette découverte modifiera en profondeur le regard que les cliniciens portent sur leurs patients les plus réfractaires, soutiennent les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Psychiatry Research.

Les scientifiques ont demandé à des patients alcoolodépendants, hospitalisés lors d'un épisode aigu, de remplir un questionnaire de motivation au sevrage.

Ils ont ainsi classé ces personnes en deux groupes : ceux qui sont motivés et les autres. Ces derniers subissent le sevrage sous la contrainte ou le refusent. La plupart du temps, ils nient même avoir un problème d'alcoolisme. Après sept jours d'hospitalisation, l'équipe de recherche a réalisé une imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau de toutes ces personnes ainsi que de celui d'autres non dépendantes à l'alcool.

Or, ces zones sont connues pour être impliquées dans les fonctions cognitives comme la prise de décision et l'évaluation des conséquences des actes.

Une atrophie dans ces aires entraînerait donc un trouble cognitif expliquant en partie l'absence de motivation à se soigner.

Le traitement de ces personnes devra donc être revu. Selon la chercheuse, le fait de savoir qu'il s'agit, entre autres, d'un trouble cognitif va modifier l'approche du problème.

Il est maintenant important de savoir, selon les chercheurs, si cette atrophie cérébrale n'est pas la cause même de l'alcoolisme chez ces patients.

Une nouvelle recherche commencera sous peu avec une cinquantaine de sujets. Les cerveaux alcoolodépendants seront scrutés pendant un an, le temps de voir leur évolution et leur  réaction à l'abstinence. Il sera donc possible de voir s'il y a ou non récupération du volume cérébral. Si le phénomène se révèle réversible, il faudra alors chercher ailleurs la cause de l'alcoolisme, concluent les chercheurs.

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