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Le Canada et les É-U doivent s'attaquer aux algues nuisibles dans le lac Érié

30/08/2013 04:50 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT
Getty

Le Canada et les États-Unis devraient prendre des mesures plus sévères pour limiter les écoulements de phosphore, responsables de la prolifération d'algues nuisibles dans le lac Érié, a estimé cette semaine une agence de consultation.

La Commission internationale mixte affirme, dans un rapport préliminaire, que des mesures urgentes doivent être mises en place pour contrer les algues, qui produisent des toxines dommageables et appauvrissent en oxygène les «zones mortes», où les poissons ne peuvent survivre.

Ce problème a mené les deux pays à conclure, il y a 40 ans, une première entente pour améliorer la qualité de l'eau du lac Érié, que plusieurs considéraient déjà comme écologiquement mort.

Des normes plus élevées quant au traitement municipal et industriel des eaux usées ont été imposées. Le taux de déversement de phosphore, duquel se nourrissent les algues, a été réduit.

Les efflorescences d'algues avaient presque disparu, mais elles commencé à réapparaître, affirme le coauteur canadien du rapport, Glenn Benoy.

«Certaines des pires efflorescences que l'on a vues dans le lac sont apparues dans les derniers cinq à sept ans», a-t-il rapporté.

En 2011, la plus grosse masse enregistrée s'est formée dans le bassin ouest du lac, atteignant à un certain moment plus de 160 kilomètres, de Toledo à Cleveland, en Ohio.

M. Benoy, conseiller chevronné en matière de qualité de l'eau et d'écosystèmes, affirme qu'il y a des preuves montrant qu'un bouquet d'algues commence à proliférer. Toutefois, comme les algues atteignent leur apogée en automne, il ne peut en préciser l'étendue.

Le rapport rapporte que différentes sources de phosphore sont apparues, à commencer par les grandes fermes, desquelles le fumier et autres fertilisants s'écoulent dans les rivières tributaires durant les orages ou la fonte des neiges.

En 2011, les grandes fermes étaient responsables de la moitié du phosphore dans le lac, alors que le tiers provenait de petits agriculteurs, de communautés riveraines et d'égouts municipaux.

Des orages de plus grande intensité, vraisemblablement provoqués par les changements climatiques, poussent davantage de substances dans le lac, soutient aussi le rapport. De plus, contrairement à quelques décennies auparavant, la plupart du phosphore se dissout dans l'eau et devient donc plus facile à consommer pour les algues.

«L'inquiétude principale est que le taux de toxicité associé à des efflorescences importantes atteigne un niveau qui affecte la santé humaine et animale», explique M. Benoy, en précisant qu'il s'agit d'un scénario extrême.

Le rapport donne 15 recommandations, dont l'interdiction de près de tous les fertilisants à pelouse qui contiennent du phosphore et la surveillance des usines de traitement des eaux usées et des autres installations qui déversent dans le lac.

M. Benoy s'inquiète aussi du fait que d'autres écosystèmes autour du lac Érié pourraient également être touchés. Des efflorescences ont en effet été trouvées dans le lac Sainte-Claire, situé entre le Michigan et l'Ontario.

Des chercheurs planchent sur une solution à long terme pour «fermer les robinets de phosphore», a-t-il indiqué.

Le rapport établit aussi des objectifs sur trois ou six ans, dont, notamment, une réduction de 46 pour cent de la quantité totale de phosphore et une réduction de 78 pour cent de sa version diluée pour le lac central et les bassins ouest.

«Si rien n'est fait de ces recommandations, alors nous entrerons dans un scénario où de nouvelles efflorescences d'algues progresseront vraisemblablement en sévérité, en durée et en intensité. Rien ne pourra freiner cela», prévient M. Benoy.

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