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Frappes militaires en Syrie : David Cameron tempère ses ardeurs

29/08/2013 09:50 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

Le premier ministre britannique David Cameron a reconnu jeudi à la Chambre des communes qu'il n'était pas sûr à 100 % que le gouvernement syrien est responsable de la présumée attaque au gaz sarin près de Damas, le 21 août dernier.

Le chef du gouvernement britannique a fait cette admission devant les membres du Parlement qu'il a réunis d'urgence pour discuter de la situation en Syrie.

Malgré tout, David Cameron s'est dit suffisamment convaincu de la responsabilité de Damas pour proposer l'adoption d'une motion autorisant son gouvernement à intervenir contre le régime du président Bachar Al-Assad.

Peu convaincus du bien-fondé d'une telle action, les députés de l'opposition s'opposent au déclenchement de frappes immédiates contre Damas.

Le parti travailliste réclame des preuves sérieuses de l'implication du président Bachar Al-Assad dans la présumée attaque au gaz neurotoxique de la semaine dernière. L'opposition préfère attendre le rapport des enquêteurs de l'ONU en Syrie avant d'appuyer toute action militaire.

David Cameron, pour sa part, a exhorté les membres de la Chambre des communes à répondre à ce « crime de guerre », tout en reconnaissant la nécessité de prendre connaissance des conclusions des experts de l'ONU avant de frapper la Syrie.

Le premier ministre, qui était au départ partisan d'une action immédiate contre la Syrie a révisé sa position en affirmant qu'il serait « impensable » d'agir militairement en Syrie en cas d'une opposition écrasante au Conseil de sécurité de l'ONU.

Hollande et Merkel d'accord pour une action en Syrie 

Plus tôt, à Paris, le président français, François Hollande, s'est entendu avec la chancelière allemande, Angela Merkel, sur la nécessité d'une réaction face à l'usage présumé de gaz neurotoxiques contre de populations civiles en Syrie.

Lors d'un entretien téléphonique, les deux dirigeants ont également réclamé un rapport rapide de la part des inspecteurs des Nations unies déployés en Syrie pour enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques, précise un communiqué du gouvernement allemand.

« Ils [Angela Merkel et François Hollande] espèrent une fin rapide de la mission d'enquête de l'ONU et un rapport immédiat au Conseil de sécurité des Nations unies de façon à ce qu'il puisse s'acquitter de sa responsabilité en ce qui concerne ce crime monstrueux », écrit un porte-parole du gouvernement allemand.

Toujours pas d'armes pour l'opposition syrienne

François Hollande, qui recevait jeudi matin le chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Al-Jarba, s'est également dit convaincu qu'une « punition » internationale allait être infligée au régime du président Bachar Al-Assad.

Le chef de l'opposition syrienne, qui réclame à grands cris depuis des mois un engagement militaire plus concret des puissances occidentales en Syrie, n'a cependant pas obtenu d'engagement ferme du président français sur la livraison d'armes aux rebelles syriens.

Dans une entrevue accordée au quotidien Le Parisien, Ahmad Al-Jarba déplore par ailleurs la tiédeur de la communauté internationale face à la guerre civile qui déchire la Syrie. « On ne doute pas de leur sincérité, mais cela fait deux ans que l'on attend et qu'ils n'ont rien fait pour nous », souligne le chef de l'opposition syrienne, qui exhorte les puissances alliées à prendre une « décision courageuse ».

Soulignant que la communauté internationale doit marquer « un coup d'arrêt à l'escalade de violence » en Syrie, François Hollande a assuré du même souffle l'opposition syrienne de son soutien en ces termes :

« La France apportera toute son aide politique, son soutien, comme nous le faisons depuis des mois, mais également son aide humanitaire, matérielle » à la coalition. Nous utiliserons également l'appui que nous avons dans les pays du Golfe ».

La France demeure prudente

La tiédeur des Européens et des Américains à livrer des armes lourdes et modernes aux forces de l'opposition syrienne qui combattent depuis plus de deux ans pour renverser le régime Assad s'explique par les craintes des gouvernements occidentaux que ces armes ne tombent aux mains des groupes radicaux islamistes, dont certains liés à Al-Qaïda, qui combattent aux côtés des rebelles syriens.

Les experts de l'ONU ont jusqu'à vendredi 

À New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, donne jusqu'à vendredi aux inspecteurs pour recueillir des informations sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces belligérantes en Syrie.

Les experts de l'ONU enquêtent sur le terrain depuis trois jours. Ils quitteront la Syrie samedi.

Ban Ki-moon a écourté une visite en Autriche, prévue au cours du week-end, pour prendre connaissance de leurs conclusions.

Le contenu de ce rapport sera déterminant en vue d'une intervention militaire internationale contre des cibles militaires syriennes.

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