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BPC de Pointe-Claire : un dernier sursis pour Reliance

29/08/2013 09:26 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, est légalement forcé d'accorder un nouveau délai de 24 heures à l'entreprise Reliance avant de prendre le contrôle du site où sont illégalement entreposées des matières dangereuses résiduelles contaminées par des biphényles polychlorés (BPC), à Pointe-Claire, à l'ouest de Montréal.

M. Blanchet doute que la société Les Équipements de puissance Reliance parvienne à se conformer à l'ordonnance émise par son ministère à 10 h 25 jeudi matin, mais il doit légalement s'y soumettre afin de respecter la loi. Il précise que des équipes d'inspecteurs du ministère prendront possession du site à 10 h 25 vendredi si l'entreprise n'a pas répondu aux exigences du ministère.

« C'est le plus court délai qu'on pouvait mettre en place », explique le ministre qui veut éviter d'agir avec précipitation par crainte de fournir des motifs de contestations à l'entreprise. Cette dernière dispose de 24 heures pour confirmer au gouvernement « qu'elle a l'intention, hors de tout doute, de se conformer totalement et absolument ».

« La barre est haute parce que le niveau de confiance envers l'entreprise est ce qu'il est, poursuit M. Blanchet. Il faudra que nous soyons extrêmement convaincus par ce qui nous sera acheminé. Bien sûr, une entreprise qui envoie quelqu'un sortir des documents au milieu de la nuit d'un site n'est certainement pas le type de client en qui on s'attend à placer une confiance importante. »

« Tout est déjà en place pour que le ministère de l'Environnement prenne le contrôle du site », explique le ministre de l'Environnement. Les inspecteurs du ministère sécuriseront le site et ils évalueront le meilleur moyen d'évacuer le plus sécuritairement du site les produits contenant des BPC. Ils devront finalement déterminer le meilleur moyen de décontaminer les sols. M. Blanchet assure ainsi que le site sera sécurisé dans les prochains jours et qu'il sera débarrassé de ses produits dangereux dans les prochaines semaines. Quant à la décontamination, elle pourrait prendre quelques mois.

Le ministre Blanchet précise que le gouvernement prendra une hypothèque légale sur les actifs de l'entreprise. Le gouvernement entend ainsi récupérer le plus d'argent possible des actifs de la société pour payer la décontamination du site. M. Blanchet évalue le coût des travaux à quelques millions de dollars.

Le ministère accumule également des éléments de preuve, selon M. Blanchet, afin de déposer des accusations criminelles, le cas échéant, contre les propriétaires de l'entreprise.

Sans nouvelle de l'entreprise

Le ministre Blanchet affirme que l'entreprise a omis de répondre à l'avis préalable, émis par son ministère, qui expirait à 23 h 59 mercredi. L'entreprise devait faire connaître son plan de nettoyage du site, où se trouvent une dizaine de conteneurs et une centaine de barils d'huile contaminée. Les élus de la municipalité à l'ouest de Montréal ont symboliquement tenu un point de presse en pleine nuit, tôt jeudi matin, afin de demander à Québec d'agir promptement pour décontaminer le site où sont entreposés illégalement les BPC.

Le directeur général de la Ville de Pointe-Claire, Nicolas Bouchard, a confirmé en entrevue à RDI jeudi matin que les élus de Pointe-Claire exigent que le gouvernement prenne le contrôle du site et qu'il le fasse décontaminer. M. Bouchard s'attendait toutefois aux délais juridiques annoncés par M. Blanchet.

M. Bouchard réclame également de la transparence de la part du gouvernement. Les élus demandent à la Direction de la Santé publique d'informer sa population sur les risques potentiels des activités de l'entreprise. Ils demandent aussi au gouvernement de « rendre publique toute information concernant la contamination du site, ce qui est entreposé et les échéances que prendra la décontamination ».

Le 26 mars dernier, plus de 1000 litres d'huile et d'eau huileuse présentant une importante concentration de BPC se sont déversés sur le terrain de Reliance. Le ministre Blanchet a confirmé la nouvelle le mardi 27 août.

En août 1988, l'explosion d'un entrepôt de BPC à Saint-Basile-le-Grand avait mis en lumière les dangers d'entreposer ce produit toxique cancérigène, dont l'utilisation commerciale est interdite.

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