L'ex-éditeur du Journal de St-Michel et candidat dans l'équipe de Denis Coderre, Claude Bricault, affirme qu'il est tout à fait acceptable d'utiliser le site Internet de son média pour faire connaître son numéro de téléphone pour obtenir des appuis politiques.

Un texte de François Cormier

Juste avant de démissionner de son poste d'éditeur pour se lancer en politique municipale, Claude Bricault a signé un texte expliquant sa décision sur le site Internet de son journal.

À la fin, il écrit : « Et pour vous qui désirerez continuer à m'appuyer, cette fois dans la conquête de ce poste électif, je serai toujours à votre écoute afin de répondre à vos aspirations pour une meilleure qualité de vie. Pour ce faire, je vous invite à me joindre au 514-***-****. »

Une opposante politique, Elsie Lefebvre (Vision Montréal - Coalition Montréal), croit qu'il s'agit d'un geste discutable

« Utiliser son propre journal pour se faire de l'autopublicité, je ne sais pas si le Directeur général des élections va se pencher sur cette publication parce que ça nous apparaît, en effet, contourner la loi électorale », dit-elle.

Selon Elsie Lefebvre, Claude Bricault a utilisé son journal pour faire de la politique. « C'est surprenant de voir que M. Bricault utilisait son journal depuis les derniers mois pour faire de la partisanerie. Il s'attaquait de façon très virulente à des positions que j'ai pu prendre ou d'autres partis politiques », estime-t-elle.

Claude Bricault se défend : « Oui, le Journal de St-Michel s'est impliqué dans différents combats et il allait de l'avant, contrairement à des grands groupes de journaux. Comme journal indépendant, on s'est toujours impliqué pour notre communauté ». Selon lui, après 35 ans au journal, il était normal de signer un texte pour dire au revoir à ses concitoyens.

Son nouveau chef, Denis Coderre, n'a pas tardé à intervenir pour se porter à la défense de son candidat.

« Est-ce que les anciens de Radio-Canada se sont servis de Radio-Canada pour être candidat? Ces gens-là qui se donnent dans leur milieu, peu importe leur travail, décident à un moment donné de répondre présents à l'appel d'aide à la population », a-t-il conclu.

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  • Jeune politicien

    Denis Coderre a tenté sa chance en politique dès l'âge de 25 ans. En 1988, le jeune candidat libéral est défait par Gaby Larrivée, le candidat progressiste-conservateur dans la circonscription de Joliette. Il sera à nouveau battu lors d'une partielle par Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal. Denis Coderre tentera ensuite sa chance dans la circonscription de Bourassa où il sera élu à sa deuxième tentative, en 1997.

  • Commission Gomery

    Denis Coderre le répète à qui veut l'entendre: il n'a pas été blâmé par le rapport de la commission Gomery. L'enquête sur le scandale des commandites a tout de même révélé qu'il entretenait des relations étroites avec plusieurs acteurs de ce détournement de fonds publics. Le journaliste Normand Lester<a href="http://fr-ca.actualites.yahoo.com/blogues/la-chronique-de-normand-lester/l-irresistible-ascension-de-denis-coderre-comme-boss-de-montreal-132853114.html" target="_blank"> rappelait dans une chronique</a> qu'il a travaillé pour le Groupe Polygone «le plus important récipiendaire des contrats du programme des commandites». Denis Coderre a aussi bénéficié pendant six semaines du condo de son ami Claude Boulay, du Groupe Everest, en plus d'accepter des billets pour une loge au Centre Bell du publicitaire Jean Lafleur, condamné dans le scandale des commandites.

  • Il a déjà vu un OVNI

    Dans un <a href="http://archives.radio-canada.ca/sciences_technologies/phenomenes_inexpliques/dossiers/786-4720/" target="_blank">reportage de Radio-Canada</a>, un jeune Denis Coderre nous explique avoir aperçu un OVNI lors de ses observations du ciel. La vidéo a été diffusée en 1979, alors que le futur politicien était âgé de 16 ans.

  • Il voulait être premier ministre

    Denis Coderre affirme depuis ses années en Sciences politiques à l'Université de Montréal qu'il sera un jour premier ministre du Canada. En 2009, quelques jours après avoir démissionné de son poste de lieutenant au Québec de Michael Ignatieff, <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/politique-canadienne/200911/11/01-920810-denis-coderre-veut-diriger-le-parti-liberal.php" target="_blank">il annonçait</a> qu'il souhaitait se présenter éventuellement à la chefferie du Parti libéral du Canada. Il a finalement dû s'incliner devant la popularité de Justin Trudeau.

  • Réalisations

    Au début de sa carrière de député, Denis Coderre a occupé le poste de secrétaire d'État aux sports amateurs. C'est en grande partie grâce à lui que Montréal accueillera le siège international de l'Agence mondiale antidopage. Par la suite, le «bouillant député», comme on le surnomme, a été ministre de l'Immigration, de la Francophonie, en plus de gérer le règlement des questions des pensionnats autochtones.

  • Vedette sur Twitter

    On sait tous que Denis Coderre est un grand utilisateur de Twitter. L'ex-député compte plus de 100 000 abonnés sur le site de micro-blogues. Mais saviez-vous le politicien a même inventé son propre «hastag» pour suivre les matchs du Canadien de Montréal? En effet, il est possible suivre les matchs du Canadien en sa compagnie grâce au mot-clé: #HabsDC.