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L'armée égyptienne ne prêtera plus allégeance au président

28/08/2013 08:57 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT

Un changement important, chargé d'une forte symbolique politique, vient d'être apporté aux mœurs militaires égyptiennes.

Désormais, les soldats égyptiens ne prêteront plus serment d'allégeance devant le président de la République.

Dans le nouveau texte décrété par le président intérimaire Adli Mansour, les soldats promettront « d'exécuter les ordres de leur hiérarchie ». La phrase : « Je serai loyal au président de la République » a été supprimée.

« La loyauté va à la hiérarchie et non à une personne », a expliqué un porte-parole de l'armée.

Le général Mouhyi Nouh a expliqué au journal Akhbar Al-youm que la présidence de Mohamed Morsi, renversé par l'armée le 3 juillet dernier, a montré la nécessité de modifier le serment.

« Car les manquements d'un président peuvent aller dans le sens contraire de la loyauté au pays et au peuple », a-t-il expliqué.

Le texte du décret a été présenté au président par intérim par le chef d'état-major de l'armée, le général Abdel Fattah Al-Sissi, qui occupe également les fonctions de vice-président et de ministre de la Défense.

« Il s'agit d'une initiative militaire qui a obtenu l'approbation du président », a déclaré Nathan Brown, professeur à l'université George Washington et spécialiste de l'Égypte. « Il n'y a aucun doute sur qui prend les décisions ».

Al-Sissi candidat?

Par ailleurs, une campagne est en cours en Égypte sous le slogan : « Achève ta bonne action » et encourage le nouvel homme du pays, Abdelfattah Al-Sissi, à devenir président.

Selon les promoteurs de cette campagne, la pétition réunira 7,5 millions de signatures d'ici le 16 septembre.

L'armée reprend la main

Le 13 août dernier, le président par intérim Adli Mansour avait nommé 18 nouveaux gouverneurs de province, dont la moitié sont des généraux à la retraite.

Ces nouveaux gouverneurs remplaceront ceux nommés par M. Morsi et qui sont comptés parmi les Frères musulmans.

Durant l'ère d'Hosni Moubarak, les postes de gouverneurs étaient détenus par de hauts gradés retraités.

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