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Tunis déclare la guerre aux salafistes d'Ansar al-Charia

27/08/2013 09:58 EDT | Actualisé 27/10/2013 05:12 EDT

Le premier ministre tunisien Ari Larayedh annonce que le mouvement salafiste Ansar al-Charia est désormais considéré comme une « organisation terroriste » liée à Al-Qaïda et qu'elle est « responsable des assassinats » des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, mais aussi de policiers et de militaires.

Les autorités tunisiennes avaient déjà révélé que des membres d'Ansar al-Charia avaient participé aux assassinats des deux opposants, mais n'avaient jamais accusé l'organisation dans son ensemble d'en être responsable.

Le mouvement, qui préconise une interprétation rigoriste de l'Islam, était dans les faits toléré depuis la chute du président Ben Ali, en janvier 2011, Des opposants au parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, l'accusaient d'ailleurs de faire preuve de laxisme à son endroit.

En conférence de presse, mardi, le premier ministre Larayedh, lui-même issu d'Ennahda, a cependant annoncé que le mouvement « est responsable des assassinats de Belaïd et Brahmi ainsi que de nos martyrs de la police et de l'armée nationale ».

Le chef du gouvernement a aussi accusé d'Ansar al-Charia d'être derrière la cellule armée que les forces tunisiennes pourchassent à la frontière avec l'Algérie, au Mont Chaambi, depuis des mois. Une quinzaine de militaires tunisiens y ont été tués.

« Nous avons décidé de classer Ansar al-Charia comme "organisation terroriste", a-t-il ajouté, en précisant que le groupe est « en liaison avec AQMI [Al-Qaïda au Maghreb islamique] et d'autres personnalités terroristes » et qu'elle est « impliquée dans les opérations terroristes commises en Tunisie ».

« Elle est responsable d'un réseau de stockage d'armes, elle est responsable de la planification d'assassinats, d'attaques contre des postes des forces de sécurité, de l'armée », a encore dit le chef du gouvernement, qui dit s'appuyer sur des preuves et des « aveux de suspects ».

La Tunisie entend donc lutter contre ce groupe « quels que soient les sacrifices », a indiqué le premier ministre. « Toute personne appartenant à cette organisation doit assumer la responsabilité entière de son appartenance à une organisation terroriste ».

L'assassinat en février de Chokri Belaïd avait entraîné la chute d'un premier gouvernement dirigé par Ennahda. Celui de Mohamed Brahmi le 25 juillet a ravivé les tensions, et entraîné une profonde crise politique, qui n'est toujours pas réglée.

Ansar al-Charia est dirigé par un vétéran d'Al-Qaïda en Afghanistan, le Tunisien Abou Iyadh. Ce dernier a toujours démenti toute participation à des actions armées en Tunisie. Il avait cependant menacé le gouvernement de « guerre » en mai, après que le congrès annuel du mouvement eut été interdit.

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