POLITIQUE

La CAQ propose une charte de la laïcité pour baliser les accommodements religieux (VIDÉO)

26/08/2013 11:20 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT

Québec doit se doter d'un cadre pour baliser les accommodements religieux, selon la Coalition avenir Québec (CAQ), en élaborant une charte de la laïcité selon des « principes clairs » et des « textes de loi ».

Le chef de la CAQ, François Legault, soutient que la Charte québécoise des droits et libertés doit être amendée afin de faire primer l'égalité homme-femme sur la liberté de religion. En cas de contestation judiciaire, qui remettrait en question une éventuelle législation québécoise en matière de laïcité, Québec devrait recourir à la clause dérogatoire, ajoute M. Legault.

La CAQ propose les trois principes suivants en prévision de l'élaboration d'une charte de la laïcité:

  • La neutralité de l'État
  • L'égalité homme-femme
  • Le respect du patrimoine québécois

En vertu d'une telle charte, les employés de l'État en position d'autorité - policiers, juges, procureurs de la Couronne et gardiens de prison - ne pourraient pas porter de signes religieux. Une interdiction qui serait également étendue aux enseignants et aux directeurs des écoles publiques, mais qui ne s'appliqueraient pas aux autres employés de l'État comme les infirmières ou les médecins. Les politiciens seraient également autorisés à porter des signes religieux puisqu'ils sont élus ainsi, selon le raisonnement de la CAQ.

Les écoles privées seraient toutefois exclues de l'application de ces normes d'affichage de symboles religieux.

La CAQ estime qu'aucun accommodement religieux ne devrait être accordé s'il contrevient au principe d'égalité homme-femme.

La sortie du chef de la CAQ sur la laïcité survient moins de 24 heures après que la première ministre Pauline Marois eut déclaré que la charte que prépare son ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, fera consensus dans la population et deviendra un élément fort d'unité, comme c'est le cas pour la loi 101.

L'ancienne ministre péquiste et candidate aux élections municipales montréalaises, Louise Harel, estime quant à elle que « des valeurs, ça ne se légifère pas ».

Avant même d'être rendu public, le projet de charte des valeurs québécoises, qui devait être au départ une charte de la laïcité, sème la controverse.

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