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Duceppe et Dionne-Marsolais lancent les audiences de la commission sur l'assurance-emploi

26/08/2013 01:53 EDT | Actualisé 25/10/2013 05:12 EDT

Les coprésidents de la Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi, Rita Dionne-Marsolais et Gilles Duceppe, ont expliqué lundi après-midi comment ils mèneront les audiences publiques de la tournée de consultations, qui se dérouleront jusqu'au 10 octobre partout au Québec.

La première journée d'audience, qui se tient à Gaspé, est une nouvelle étape pour les coprésidents, qui ont, depuis la création de la Commission en avril, rencontré des experts et divers intervenants. Les coprésidents ont aussi discuté avec des représentants des provinces de l'Atlantique, où une commission similaire a été mise sur pied.

Pour sa tournée des régions, la Commission a invité des travailleurs à s'exprimer sur leurs réalités et des employeurs à témoigner de l'impact de la réforme sur le recrutement, l'embauche et la rétention. La Commission a reçu jusqu'à maintenant plus d'une soixantaine de mémoires, dont 17 en provenance des trois régions de l'Est du Québec, tous défavorables à la réforme.

« L'étude d'impact » n'a pas été faite, selon Duceppe

En conférence de presse, Mme Dionne-Marsolais a rappelé les six grandes modifications qui seront apportées à l'assurance-emploi, les plus importantes étant la création de trois catégories de chômeurs selon leur recours au programme et la redéfinition d'un emploi convenable.

Gilles Duceppe a de son côté insisté sur l'importance de mener une étude d'impact avant tout projet public de cette envergure, un travail qui n'a pas été fait, selon lui.

« C'est nécessaire de faire cette étude d'impact [dans le cadre de la réforme de l'assurance-emploi]. J'ai fait la comparaison avec une compagnie dans le secteur privé qui lance un produit. Habituellement, il y a une étude de marché avant d'agir. On ne lance pas ça au hasard. Et tout le monde le déplore, à gauche, à droite, syndicats, patronat, régions, milieu urbain. Il n'y a pas eu d'étude d'impact. Il faut essayer de prévoir, voir ce qu'il en est pour développer les politiques les plus correctes possible », affirme M. Duceppe.

Il déplore aussi le manque d'information qui a été donnée par Ottawa au sujet de la réforme.

« Il faut identifier quel serait le meilleur régime en fonction des besoins de l'économie québécoise, tant pour les employeurs que pour les employés. Ça ne présume pas de la responsabilité constitutionnelle, ni financière. On entendra les gens, certains proposent un certain nombre de choses, d'autres l'inverse. Il faut prendre le temps de réfléchir à ça et de dire au gouvernement fédéral ce qui peut être corrigé. On soumet notre rapport aux élus, mais c'est à eux d'agir », ajoute le coprésident.

Les coprésidents ont aussi rappelé que des audiences analogues ont été mises sur pied dans les provinces Maritimes, dont les conclusions pourront aussi aider la Commisison québécoise, puisque plusieurs régions des Maritimes présentent une réalité similaire à celles du Québec, notamment en ce qui a trait au travail saisonnier.

M. Duceppe a précisé qu'il est trop tôt pour dégager des points de convergence entre les différents mémoires qui ont été déposés, et que les débats au cours des audiences permettront d'établir des conclusions.

Par ailleurs, l'ancien chef du Bloc québécois s'est engagé à ne parler que d'assurance-emploi à titre de coprésident de cette Commission et a refusé de dire, en réponse à un journaliste, si la question de l'assurance-emploi pourrait faire partie d'une éventuelle campagne référendaire au Québec. « Être fédéraliste ou souverainiste, ce n'est pas une question qu'on se pose, ce n'est pas notre mandat », a-t-il dit.

La Commission doit déposer ses recommandations au gouvernement du Québec avant le 30 novembre.

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