Patrick Senécal lance le troisième tome de sa série Malphas (ENTREVUE)

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PATRICK SENECAL
Sarah-Emilie Nault

«Ça se corse pas mal !» affirme d'emblée Patrick Senécal lorsqu'on lui demande à quoi il faut s'attendre de ce troisième tome de la série Malphas. « Si c'était un long roman, on serait rendu environ au deux tiers du bouquin, là où il y a des révélations, là où l'on apprend des choses sur lesquelles on nous avait agacés depuis le début. » Et le titre du roman, Ce qui se passe dans la cave reste dans la cave, annonce un peu le programme. « Ça fait deux tomes que je fatigue le monde avec la cave, dit-il en souriant. Là, on y va dans la cave... sans toutefois comprendre ce qui s'y passe, car ça, je garde ça pour le quatrième! »

De la profondeur

Pour son auteur, le tome trois de Malphas se décrit comme le livre de la maturité de personnages. « On ira plus dans leur passé, leurs secrets, leur psychologie. Ça demeure rigolo ça demeure pas sérieux, mais tout à coup, il y a de l'humanité dans ces personnages-là. Je me permets de les explorer et de travailler leur courbe dramatique un peu plus, car les personnages se doivent d'évoluer. »

Les lecteurs apprendront donc des éléments du passé de Julien Sarcozy, le narrateur et personnage principal de l'histoire, « qui ne sont pas très drôles. » « Un personnage comique doit avoir un fond dramatique, explique Senécal, sinon ce n'est pas très intéressant. »

Gracq, le personnage préféré de l'écrivain, saura aussi toucher le lecteur. « C'est un personnage bon, candide, intelligent, mais tout croche. Il parle tout croche, il est tout croche et ça le rend attachant. Ce personnage-là n'était pas prévu au départ. C'est une belle surprise. Et puis la façon dont il parle (dans un français quasi incompréhensible) me permet à la fois de démolir la langue et de lui rendre hommage, car pour la démolir il faut savoir jouer avec elle », ajoute-t-il.

Nouveau tome : nouvelle intrigue. Ce qui se passe dans la cave reste dans la cave poursuit la lancée des deux autres volumes sur le mystère du cégep, tout en mettant en scène une nouvelle intrigue. « Des gens vont se mettre à mourir autour de Sarkozy et il y a un lien... Je ne veux pas trop en dire, car ça se révèle tranquillement au film du roman. Il faut vraiment avoir lu le premier tome, Le cas des casiers carnassiers, pour comprendre celui-ci. Il y a un lien et plein de clins d'œil au premier livre. »

Un roman pour qui le lira

« Je ne pense jamais à qui je m'adresse quand j'écris, explique Patrick Senécal. Je m'adresse aux gens qui aiment le même genre de romans que moi. Je sais qu'il y a beaucoup d'adolescents qui me lisent. Mais on ne pourrait pas écrire littérature jeunesse sur la couverture de Malphas; c'est trop trash, il y a trop de scènes de sexe heavy, trop de scènes de violence extrême. Mais oui, il y a un côté ludique, qui ne se prend pas au sérieux et il y a un humour très ironique, très baveux, que les 15-25 ans aiment beaucoup. »

«Malphas, ce sont les aventures de profs fuckés de cégep et non les aventures d'étudiants de cégep », ajoute-t-il.

Des « profs fuckés » qui sont des caricatures et, peut-être parfois, un petit mélange d'éléments tirés de professeurs que Senécal a côtoyés dans son ancienne vie, alors qu'il enseignait la littérature et le cinéma au cégep. « J'ai peut-être pris un élément de un et de l'autre, mais les gens avec qui j'ai travaillé étaient beaucoup trop normaux et gentils pour en faire des profs aussi fuckés que ça », explique-t-il en riant.

Par contre, un personnage de prof qui se retrouve dans Malphas est vraiment basé sur un ancien collègue. « Je ne dirai pas qui, mais il saura se reconnaître. Ce n'est pas nécessairement un compliment pour lui...mais il ne serait pas très surpris, car il sait ce que je pense de lui, je lui ai déjà dit... »

Le succès et la suite

La révélation finale, celle qui viendra clore les aventures de Julien Sarkozy dans le quatrième et ultime tome de la série, Patrick Senécal la connaît depuis le tout début. « Je ne sais pas comment tout va se mettre en place pour y arriver, mais ma dernière scène, je la connais, elle est là. Comme dans tous mes romans, je connais parfaitement mes dernières scènes », dit-il.

L'auteur affirme s'être rendu compte qu'après le quatrième bouquin, ce sera fini. « En faire un cinquième, ça serait étirer la sauce inutilement et je ne veux pas tomber là-dedans. Je ne veux pas faire ce que beaucoup de séries télévisées font. »

Et après tout cela ? « Il n'y a pas d'après tout cela, dit-il. Il y a plutôt un avant tout cela et plusieurs boucles à boucler. » Des boucles comme ce projet Nuit de Peur à VRAK TV (7-8 jeunes courageux viendront passer leur nuit d'Halloween dans une histoire imaginée par Patrick Senécal!), le dépôt du scénario de « Sept comme setteur » son livre pour enfants, la finition du synopsis d'un scénario original et ensuite... l'écriture du quatrième tome de Malphas.

« Mon succès, je ne sais pas comment l'expliquer, avoue-t-il. Je pense que ça montre que les gens, au bout du compte, aiment beaucoup se faire raconter des histoires. Ce ne sont pas tous les romans qui racontent des histoires. Moi, je suis un story teller avant tout, un raconteux d'histoires. Manifestement, j'ai ce talent-là. Il doit y avoir un peu de chance aussi, arriver au bon moment, je ne sais pas. Mais tout cela est fragile, il faut rester prudent.»

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