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17/08/2013 09:07 EDT | Actualisé 17/10/2013 05:12 EDT

Égypte: 173 morts en 24 h, les pro-Morsi appellent à manifester quotidiennement (VIDÉO)

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi retranchés dans une mosquée du centre du Caire ont été évacués samedi après-midi, ont annoncé à l'AFP des sources au sein des services de sécurité.

Les forces de l'ordre peinaient toutefois à prendre le contrôle du minaret de la mosquée Al-Fath, depuis lequel, selon l'agence de presse gouvernementale Mena, des tireurs avaient ouvert le feu sur les forces de l'ordre. Mais plus aucun tir ne résonnait en fin d'après-midi, ont assuré les sources de sécurité.

La police a lancé l'assaut dans l'après-midi contre cette mosquée où s'étaient retranchés de nombreux islamistes, assiégés depuis vendredi soir par les forces de l'ordre, au quatrième jour de heurts ayant fait plus de 750 morts.

L'état d'urgence et un couvre-feu nocturne sont en vigueur en Egypte, devenue un véritable champ de bataille depuis la dispersion dans le sang mercredi au Caire des campements de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet.

Un journaliste de l'AFP présent au moment de l'assaut a vu les policiers commencer à sortir de force sept ou huit hommes, mais la foule de résidents en colère les a frappés à coups de bâtons et de barres de fer.

Au moins 173 personnes ont été tuées dans toute l'Égypte depuis vendredi dans les heurts entre manifestants partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et forces de l'ordre qui avaient reçu l'autorisation d'ouvrir le feu, a annoncé samedi le gouvernement.

Un précédent bilan à partir de chiffres officiels et d'un décompte de l'AFP faisait état de 83 morts au moins.

Détaillant le bilan, Chérif Chawki, porte-parole du bureau du Premier ministre, a indiqué que 95 personnes avaient notamment péri au Caire et 25 autres à Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays.

Ce bilan, a-t-il précisé, inclut les décès recencés depuis vendredi après-midi et jusqu'à samedi à 10H00 du matin (08H00 GMT).

Les heurts qui ont éclaté au cours du "vendredi de la colère", une journée de manifestation décrétée par les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, ont en outre fait 1.330 blessés, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, 57 policiers ont été tués depuis trois jours, a-t-il déclaré sans préciser s'ils venaient ou non s'ajouter au 173 morts.

Vendredi, à l'issue de la prière de la mi-journée, des cortèges de partisans du président déchu étaient partis de nombreuses mosquées du pays, défiant une nouvelle fois les forces de l'ordre désormais autorisées à ouvrir le feu sur les manifestants hostiles.

Ils protestaient contre le "massacre" mercredi de près de 600 personnes, essentiellement dans la dispersion sanglante au Caire de partisans de M. Morsi, destitué et arrêté par l'armée début juillet.

Les Frères musulmans ont appelé à de nouvelles manifestations quotidiennes durant une semaine à compter de samedi.

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Les partisans du président Mohamed Morsi destitué par l'armée doivent à nouveau descendre dans les rues après la prière de la mi-journée pour défier les autorités qui autorisent désormais leurs hommes à ouvrir le feu sur les manifestants violents.

Face à l'escalade des violences et à la radicalisation des deux camps, qui font craindre que le pays --sous état d'urgence-- ne bascule dans le chaos, des pays européens ont dit envisager de réexaminer leurs relations avec Le Caire.

Samedi, un cordon de police était posté à l'entrée de la mosquée Al-Fath du centre du Caire et des hommes casqués escortaient quelques manifestants, dont des femmes, hors du lieu de culte transformé en morgue de fortune. Des membres des forces se trouvaient en outre à l'intérieur de la mosquée où ils avaient pénétré un peu plus tôt sans avoir recours à la force.

L'Égypte assure que les Frères musulmans pourront participer à la transition

Les autorités égyptiennes ont assuré samedi que les membres des Frères musulmans, la confrérie du président déchu Mohamed Morsi, n'ayant pas commis de violences pourraient participer à la transition dans le pays.

"Quiconque, issu ou non des Frères musulmans, voulant rejoindre la marche pacifique des Égyptiens vers le futur est le bienvenu", a déclaré Moustapha Higazy, conseiller du président par intérim Adly Mansour, nommé par l'armée après la destitution de M. Morsi le 3 juillet.

Ils pourront participer à la transition "en tant que citoyen égyptien", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse au Caire.

L'Égypte "accueille toutes les parties", a-t-il dit, à condition de n'avoir commis "aucun acte terroriste".

De son côté, le Premier ministre Hazem Beblawi a assuré qu'il n'y aurait "pas de réconciliation avec ceux qui ont du sang sur les mains et ont violé la loi", alors que les autorités multiplient les accusations de "terrorisme" à l'encontre des Frères musulmans.

La confrérie, réprimée et longtemps maintenue dans l'illégalité, avait pu former pour la première fois un parti politique après la révolte populaire qui a renversé le président Hosni Moubarak début 2011.

Le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ) avait remporté les législatives fin 2011 puis l'élection présidentielle en juin 2012.

Les manifestations au Caire

L'évolution de la situation samedi 17 août:

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