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14/08/2013 06:58 EDT | Actualisé 14/10/2013 05:12 EDT

Les honoraires des pharmaciens inclus dans la facture des médicaments, maintient Québec

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prescription medication

Le gouvernement n'entend pas plier devant la menace des pharmaciens propriétaires de facturer aux Québécois la note des nouveaux actes médicaux qu'ils pourront poser dès l'automne. Le système actuel est mixte et il le restera, assure le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert.

Pour le ministre, il ne fait aucun doute que le mode de financement va dans la continuité du régime actuel.

« On a déjà un système mixte. Il est universel, il couvre tout le monde, mais il est mixte. Alors on ne veut pas remettre en question ce système-là. On veut que les nouvelles tâches des pharmaciens s'inscrivent dans ce système mixte », a expliqué le ministre en entrevue sur les ondes de RDI.

Pour les 60 % de la population qui sont couverts par des assurances privées, les pharmaciens devront donc refiler la facture aux assureurs, en incluant leurs honoraires dans le prix des médicaments. Le système fonctionne déjà de cette façon, souligne M. Hébert.

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Sept nouveaux actes permis pour les pharmaciens

À compter du 3 septembre, les pharmaciens seront autorisés à effectuer certains actes jusqu'ici réservés aux médecins, comme de prescrire des médicaments, ou prolonger et ajuster certaines ordonnances.

Pour le président de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Jean Thiffault, le ministre demande « clairement » de privatiser certains actes médicaux en refusant de payer pour les Québécois couverts par une assurance privée.

« Le ministre nous dit : "Allez négocier avec les assureurs!" Mais on ne peut pas aller négocier avec les assureurs privés, ce sont les employeurs qui négocient avec eux », précise M. Thiffault.

L'enjeu des négociations

Des sept nouveaux actes qui s'ajouteront à la tâche des pharmaciens, seulement trois vont entraîner un travail supplémentaire, assure le ministre de la Santé. Il en est donc à négocier avec les pharmaciens la valeur de ce travail. L'AQPP évalue à environ 20 $ le coût de chaque acte.

Le prix des médicaments au Québec inclut déjà le coût de la substance médicamenteuse (fixé par le gouvernement) et les frais de la pharmacie (coût de la main-d'œuvre, loyer, etc.). Dans le régime public, ces derniers sont aussi fixés par le gouvernement.

Du côté du privé, les frais de pharmacies varient de façon importante d'un établissement à l'autre. Le ministre Hébert voudrait ainsi que les coûts engendrés par les nouveaux actes soient inclus dans ces frais.

Devant la crainte de voir éclore un système à deux vitesses, le ministre se dit d'ailleurs prêt à réglementer ces frais. « Si les pharmaciens veulent qu'on aille réglementer le prix de ces honoraires et la transparence de ces honoraires pour le consommateur, moi je suis bien prêt à aller là, mais c'est un autre débat », plaide-t-il.

Les pharmaciens se défendent bien d'être gourmands.

« Il y a une iniquité, alors il va y avoir de la confusion dans les pharmacies », prédit le président de l'AQPP.

Il ajoute que le pharmacien, peu importe le régime du patient, mérite une rémunération pour son travail. « Ce n'est pas banal. Ce n'est pas administratif. Chacune des ces activités demandent du temps de rencontre avec le patient », estime M. Thiffault.

Le ministre Hébert se dit « confiant » que la question se réglera avant la date butoir du 3 septembre et il assure que les négociations « vont bon train ».

Le président de l'AQPP montre un optimisme plus prudent. « On espère que d'ici le 3 septembre, on puisse offrir ces services à la grande majorité de la population, pas juste ceux qui sont couverts », a-t-il déclaré.

Inéquitable, dit Philippe Couillard

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, plaide pour une couverture universelle publique. « La réalité, c'est qu'on va piger dans la poche des gens et qu'on va créer deux catégories de patients », croit celui qui a été ministre de la Santé sous Jean Charest de 2003 à 2008. Il reproche au gouvernement Marois de ne pas avoir planifié comment il allait assumer les honoraires supplémentaires demandés par les pharmaciens.

L'actuel ministre de la Santé soutient pourtant que l'entente entre les pharmaciens et le ministère date de l'époque libérale.

« Depuis août 2012, depuis le moment où l'entente a été signée avec les pharmaciens, il a toujours été convenu que [la couverture], c'était pour le régime public », note M. Hébert.

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