POLITIQUE
13/08/2013 12:33 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

Philippe Couillard courtise les femmes en prévision du prochain scrutin

PC

QUEBEC - Les libéraux du Québec préparent une vaste offensive pour gagner le vote des femmes à la prochaine élection générale.

Plus de 500 femmes, militantes, représentantes du monde des affaires et des milieux communautaires, seront conviées le 15 septembre à un rassemblement intitulé «Québécoises: adhérez au changement» qui se tiendra dans le Quartier des spectacles à Montréal. Le chef Philippe Couillard y livrera un discours à saveur préélectorale suivi d'une période d'échanges avec les participantes sur les enjeux touchant la condition féminine.

Une rencontre similaire est aussi en préparation à Québec pour le mois d'octobre.

«Bien sûr, nous sommes en mode séduction. Nous voulons rencontrer des femmes d'affaires, des professionnelles, des femmes des milieux socio-économiques, des syndicats, des femmes de tous les milieux, sans le filtre des médias», a expliqué la députée de l'Acadie, Christine St-Pierre, présidente de l'événement et ancienne ministre responsable de la Condition féminine dans le gouvernement de Jean Charest.

Des coups de fil ont été passés à d'anciennes ministres libérales vedettes comme Line Beauchamp et Nathalie Normandeau pour qu'elles prêtent main forte à l'effort de séduction.

Les libéraux espèrent rehausser le profil du parti auprès de l'électorat féminin qui pourrait trouver «naturel» d'appuyer la péquiste Pauline Marois, première femme élue à la tête du gouvernement du Québec. Le symbole est puissant mais il importe de rappeler que ce sont les gouvernements libéraux successifs qui ont fait le plus progresser la marche des femmes vers l'égalité au cours des dernières décennies, a fait valoir Mme St-Pierre.

«Le droit de vote des femmes, c'est nous, la première femme à l'Assemblée nationale était libérale (Marie-Claire Kirkland-Casgrain), la première femme au conseil des ministres était libérale (idem), le Conseil du statut de la femme a été créé par un gouvernement libéral, le règlement de l'équité salariale pour 250 000 femmes, c'est Monique Jérôme-Forget, le partage du patrimoine familial, c'est Monique Gagnon-Tremblay, la parité au conseil des ministres, c'est M. Charest», a-t-elle énuméré.

Le PLQ est aussi la formation politique qui compte présentement le plus de femmes à l'Assemblée nationale, soit 18 contre 17 pour le Parti québécois.

Le rendez-vous sera l'occasion pour le leader libéral d'annoncer un certain nombre d'engagements alors que des voix s'élèvent pour exiger un plus grand nombre de femmes dans les sphères d'influence — dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse par exemple — et une plus grande participation des femmes dans les secteurs dits non-traditionnels comme la construction, l'exploitation des ressources naturelles et le développement du nord.

De fait, les libéraux n'ont pas abandonné le Plan nord de M. Charest mais ils estiment que l'appui des femmes au projet est essentiel à sa relance. Des mesures pour inciter les entreprises à faire une plus grande place aux femmes pourraient être mises de l'avant.

«Nous sommes à préparer le programme électoral et c'est sûr que les femmes doivent avoir leur place dans le développement du nord. On va faire en sorte que les femmes aient leur place», a assuré Mme St-Pierre.

La députée n'a cependant pas voulu confirmer l'intention du Parti libéral de s'inspirer de la législation terre-neuvienne qui contraint les entreprises exploitant les ressources naturelles à se doter d'une politique d'égalité homme-femme.