NOUVELLES
08/08/2013 06:23 EDT | Actualisé 08/10/2013 05:12 EDT

Québecor plonge dans le rouge au 2e trimestre avec une perte de 45,1 millions $

PC

MONTRÉAL - La baisse des revenus publicitaires dans le secteur des médias explique en grande partie la perte nette affichée par Québecor au deuxième trimestre.

Le géant médiatique québécois a rapporté jeudi une perte nette attribuable aux actionnaires de 45,1 millions $, soit 73 cents par action, contre un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 65,5 millions $, ou 1,02 $ par action, un an plus tôt.

«Nos résultats continuent d'être affectés par la faiblesse des revenus publicitaires et des revenus du tirage dans la plupart des marchés urbains et régionaux», a résumé Julie Tremblay, chef de l'exploitation de Corporation Sun Media.

Les dirigeants de Québecor (TSX:QBR.B) demeurent néanmoins confiants que la situation se redressera, notamment grâce aux récentes restructurations du côté de Corporation Sun Media, lesquelles permettront des économies totales annuelles estimées à environ 55 millions $.

«Les conditions économiques et les défis auxquels sont confrontés notre industrie demeurent. Il est difficile de prédire ce que nous réserve le reste de l'année 2013, mais en définitive, l'impact de la restructuration commencera à se faire ressentir avant la fin de l'année», a prédit le président et chef de la direction de Québecor, Robert Dépatie.

Corporation Sun Media, une filiale de Québecor Média, a annoncé il y a quelques semaines la suppression de 360 postes à la grandeur du pays et la fermeture de 11 de ses publications.

«Nous n'avons pas le choix car si on ne fait pas ça, nous ne survivrons pas», avait alors expliqué Martin Tremblay, vice-président aux Affaires publiques de Québecor Média.

Les nouvelles sont meilleures du côté de la division des télécommunications. Celle-ci a affiché une croissance de 30,8 millions $ (4,8 pour cent) de ses revenus et de 23 millions $ (7,7 pour cent) de son bénéfice d'exploitation.

Et Vidéotron mise beaucoup sur la popularité grandissante de ses forfaits haut de gamme pour téléphones intelligents.

«Nous sommes définitivement optimistes sur les perspectives pour la téléphonie sans fil. Juste pour vous donner une idée, nous avons constaté que dans plus de 50 pour cent des nouvelles activations, le choix s'arrête sur les forfaits de plus de 50 $ par mois», a exposé Manon Brouillette, présidente et chef de l'exploitation de Vidéotron.

L'entreprise affiche d'ailleurs un gain de 30 200 nouvelles lignes au service de téléphonie mobile au deuxième trimestre. Ses unités de service ont augmenté de 13 000 au deuxième trimestre de 2013, contre 31 100 à la même période de 2012.

La menace Verizon

Québecor continue de garder un oeil sur le géant américain Verizon, dont l'arrivée possible dans le marché canadien des télécommunications pourrait brouiller les cartes.

Contrairement à Bell Canada et Rogers Communication, qui sont passés à l'offensive à coups de publicités pleine page dans les médias, Québecor s'est montrée un peu plus discrète dans ce dossier.

M. Dépatie a néanmoins assuré que son entreprise avait entamé des démarches derrière des portes closes auprès du gouvernement fédéral afin de témoigner de son opposition aux nouvelles règles d'Ottawa.

L'entreprise a en outre suggéré qu'elle avait les reins plus solides que ses compétiteurs en raison de l'entente conclue entre Vidéotron et Rogers pour offrir la technologie sans-fil LTE (Long Term Evolution) à un plus grand nombre de clients au Québec et dans la région d'Ottawa.

«La raison pour laquelle nous ne parlons pas aussi fort que les autres est que dans notre cas, grâce à la nouvelle entente conclue avec Rogers, nous allons doubler nos capacités et tripler notre couverture», a affirmé M. Dépatie.

«Grâce à notre marque, à la qualité de notre service à la clientèle, au réseau que nous aurons, oui, c'est une menace, mais pas autant que pour les autres», a poursuivi le successeur de Pierre-Karl Péladeau.

L'arrivée de Verizon au Canada fait craindre le pire aux fournisseurs nationaux de services sans fil. Historiquement, ceux-ci n'ont pas eu à faire face à la concurrence étrangère en raison de la législation fédérale au chapitre du droit de propriété.

La réglementation pourrait ainsi entraîner des conséquences potentiellement «catastrophiques», a déclaré M. Dépatie lors d'une conférence téléphonique qui s'est tenue jeudi, après l'annonce des résultats financiers.

«Dans le contexte (de l'arrivée possible de Verizon), nous croyons que les règles d'enchères mises sur pied en 2010 par Industrie Canada, qui visaient à encourager une plus grande concurrence, s'avéreront contre-productives et devraient donc être amendées», a-t-il poursuivi.

Le bénéfice d'exploitation de Québecor s'est chiffré à 367,8 millions $, en hausse de 14,2 millions $ (4 pour cent). Le bénéfice ajusté lié aux activités d'exploitation poursuivies a été de 52,9 millions $, soit 85 cents par action, contre 46,1 millions $ ou 72 cents par action en 2012, soit une hausse de 6,8 millions $ ou 13 cents par action.

À la Bourse de Toronto, l'action de Québecor a gagné jeudi 25 cents, ou moins d'un pour cent, clôturant à 47,10 $.